11 avril 2008
Le carrosse d'or
Historiquement, Le carrosse d’or marque le retour de Jean Renoir en Europe après un séjour de 13 ans aux Etats-Unis. C'est une production somptueuse, en couleur sur une musique de Vivaldi et qui n’hésite pas à s’éloigner de ce qui se faisait comme type de film dans les années 50.
La première chose qui saute aux yeux, c’est l’inspiration théâtrale du film. Immense hommage à la Commedia Dell’Arte, le thème principal du film est la fusion inextricable entre vraie vie et théâtre qu'incarne Anna Magnani (tout simplement superbe ici) dans le personnage de Camilla. Mais pas seulement, comme le prouve l’ouverture et la clôture du film : une ouverture de rideau. D’entrée de jeu, Renoir précise que nous allons assister à une représentation, et justifie ainsi quelques détournements (musique non-diégétique, vision romantique de l’Amérique Latine du 18ème siècle) de la réalité qu’il affectionnait tant dans ses œuvres précédentes.
C’est donc toute une réflexion sur la représentation qui est ici lancée. Représentation théâtrale, mais aussi artifice social : le carrosse d’or dont parle le film n’est autre qu’un outil de propagande, une sorte de bijou convoité par tous pour le « paraître », pour marquer la différence avec les autres classes pour les riches (de nouveau il y a une dualité des structures sociales) et pour plaire à tous les gens de la ville pour Camilla, qui ne cherche en fin de compte que l’amour de son public.
L’éclatement des genres est de nouveau (comme il l’était déjà dans la magnifique Règle du jeu) très présent dans le récit, oscillant entre le burlesque, le film historique, le mélodrame, le film de cape et d’épée ou encore le film d’amour.
Point de vue mise en scène, il y a toujours des plans larges et des plans-séquences, même si la profondeur de champ semble ici avoir moins d’importance que dans d’autres films du cinéaste par exemple. Et en ce qui concerne le son, la profondeur sonore est toujours savamment utilisée, mais le son ne semble pas être toujours direct.
Le carrosse d’or est donc une œuvre dans la continuité de ce qu’avait fait Renoir auparavant, mais il réussit à s’adapter, même à innover, ne serait-ce qu’en construisant son récit sur la musique de Vivaldi, le rythmant au son des sonates du compositeur.
Note : ***
Commentaires
Cécile de France
Oui, tkt, j'étais au courant de sa nationalité. C'est justement le paradoxe d'avoir un tel nom de famille :p
Mais je te pardonne cet excès de chauvinisme =D Je ne parlais pas forcément d'acteurs "français" mais d'acteurs qui tournent dans des films en France et qui sont capables de nous faire rire avec beaucoup plus de justesse et de finesse comme notamment donc Cécile de France.
Quant au film, comme je l'ai dit, c'est une comédie sympathique, moins agaçante que la plupart de ce qu'on sort en France. ;) Et je comprends qu'on puisse aimer, d'autant que j'ai trouvé ça divertissant. De là à en faire un tel carton, il y a vraiment des limites :)
Euh
Je ne connais pas ce film Bastien lol.
Souvenir délicieux de ce Carrosse du Saint Sacrement d'après Mérimée.La théâtralisation était présente aussi dans La règle du jeu et dans La grande illusion.
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=57045&pid=8782518
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :
