Le cinéma de Bastien

Le cinéma dans toute sa splendeur et sa décadence, à travers toutes les époques et tous les pays, le bon et le moins bon du plus bel art qu'il soit : le cinéma.

08 mai 2009

Chantons sous la pluie (Singin in the rain)

chantons_pluieC’est marrant : on me demande souvent pourquoi j’aime Chantons sous la pluie. Et, bizarrement, j’ai toujours du mal à répondre.

Il est vrai que j’apprécie assez les comédies musicales, mais à petite dose, et encore pas toutes (je préfère cent fois un Gene Kelly à un Fred Astaire ou une chorégraphie de Busby Berkeley, même si je reconnais leurs talents à chacun). Hors je peux regarder le film de Donen ET Kelly des dizaines de fois de suite sans me lasser.

Est-ce parce qu’il est savoureusement drôle ? Qu’il parle avec dérision de tout un pan de l’histoire du cinéma ? Que la beauté de Debbie Reynolds n’a d’égal que le ridicule du zozotement de l’actrice capricieuse ?

Ou peut-être est-ce pour ce duo formidable de complicité :

Ou peut-être est-ce pour la beauté du Technicolor. A moins que ce soit l’incroyable talent des scénaristes d’avoir su un film avec un matériel très pauvre (des chansons vieilles de 25 ans qu’a imposé le producteur Arthur Freed pour les avoir écrites lui-même).

A moins peut-être que ce soit pour cette scène culte :

Ou, peut-être encore, malgré l’énorme fan de Gene Kelly que je suis, ce soit pour ce type qui domine tout dans le film :

Ou peut-être est-ce parce que le film ne vieillit pas avec le temps, qu’il conserve malgré des moments un peu longs (l’énorme scène où Kelly se projette dans le film dans le film et danse avec Cyd Charisse) une fantastique dose de bonne humeur, de joie de vivre et d’humour.

Ou peut-être est-ce pour tout ça à la fois. J’ai assez écrit, le soleil se lève. Good mornin, good mornin to you...

Note : *****

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28 mars 2009

Les Ensorcelés (The Bad and The Beautiful)

ensorcel_s- Parrain Bastien ! Parrain !

- Oui ?

- J’ai enfin vu Les ensorcelés !

- Wouaw ! A 7 ans ! Et qu’en as-tu pensé ?

- C’est chouette les films sur le cinéma ! T’aimes pas ?

- Oh moi tu sais…

- Quoi ?

- Déjà je ne suis pas un grand romantique, alors le segment de Lana Turner, exaspérante à mes yeux, me semble totalement inintéressant et prévisible alors qu’il est le plus long.

- Ah…

- Je veux dire que pendant 1 heure, parrain s’est un peu ennuyé.

- Mais j’aime bien le monsieur !

- Kirk Douglas ? Oui, comme d’habitude, il est bon.

- Mais c’est bizarre comme c’est raconté…

- On appelle ça des flash-back. Mais tu as raison, il y a un souci : ça se veut des points de vue subjectifs, comme dans Citizen Kane que je t’ai montré la semaine dernière, mais ça utilise assez mal ce procédé puisque le récit est omniscient…

- Comprends pas…

- Ca veut dire que tu sais et que tu vois tout alors que logiquement, tu ne devrais connaître que ce que connaît celui qui raconte l’histoire.

- Ah oui… Et c’est vrai cette histoire ?

- Non, je ne pense pas. Je crois plutôt que ce sont des clins d’œil à de grands producteurs de l’âge d’or d’Hollywood, de Val Lewton à O’Selznick en pensant par Irving Thalberg… Tu comprendras plus tard.

- Je vois. Mais je me demandais…

- Oui ?

- Ca ne t’as pas choqué toi qu’un démocrate comme Kirk Douglas s’implique dans un film si capitaliste, puisqu’en gros le message du film c’est "on s'en fout de ta vie et de tes sentiments, pense a la gloire et au pognon !" ?

- Euh… Tiens, va mettre la K7 de Bambi j’arrive…

Note : ***

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06 janvier 2006

L'homme qui rétrécit (The incredible shrinking man)

homme_retrecit_affiche2Quand cinémas d’aventures, fantastique et philosophique se réunissent, ça donne L’homme qui rétrécit.

Le thème, c’est le danger du nucléaire, du radioactif et de ses conséquences. C’est ainsi que notre pauvre héros va, malgré lui, subir la contamination d’un nuage radioactif et voir sa taille diminuer au fil du temps, au point d’approcher le microscopique et de changer d’univers. Tout ce qu’il entourait et qui semblait sans danger pour ne pas dire futile devient une véritable menace de mort : un chat, une araignée, une fuie d’eau qui devient une inondation, un écart entre deux planches… autant d’éléments qui viennent poser problème à la survie de ce héros même plus haut comme trois pommes.

Il est impossible de ne pas faire le parallèle avec La métamorphose de Kafka dans cette histoire d’un homme simple, banal (un publicitaire au chômage), qui voit son univers totalement modifié sans qu’il puisse réagir, une métamorphose de son corps qui le plonge non seulement dans la dépression mais aussi dans une certaine dépendance de son entourage s’il veut survivre. En suivant les péripéties de ce pauvre gars, on pense immanquablement à Gregor Samsa et sa remise en question quant à sa place dans l’univers.

Comme Kafka brisait le style fantastique avec sa phrase « ce n’était pas un rêve », Jack Arnold étouffe aussi les ambitions d’aventures extraordinaires par une voix-off qui, d’une part, annonce la survie du personnage principal, d’autre part diminue l’impact des situations sans pour autant en supprimer la tension. L’ambition d’Arnold, ce n’est donc pas de faire un film spectacle dénué d’intérêt à peine quelques années plus tard ; ce serait plutôt de se questionner fondamentalement sur les dangers du nucléaire (nous sommes en pleine Guerre Froide) et la position de l’homme dans son monde, son évolution et le tracé qu’il fait lui-même de son destin…

Bien sûr, l’aspect fort du film, c’est à dire ses effets spéciaux, n’a pas été négligé loin de là : il restera toujours surprenant de voir que ce sont les vieux effets qui marchent le mieux et durent le plus longtemps. Ici tout est de la manipulation : rétro-projections, maquettes, animatroniques, que du fait main pour ainsi dire. Et le pire, c’est qu’on y croit ! Bon, évidemment, les effets commencent à dater au bout de 50 ans, mais on a vu bien pire dans le domaine, et en plus récent encore.

Seul bémol du film, les acteurs, pas toujours très convaincant, même si Grant Williams parvient plus d’une fois à partager ses doutes et ses peurs. De toute façon, l’aspect général du film, fond comme forme, efface rapidement les défauts, bien présents mais mineurs il est vrai, de quelques acteurs qui n’ont pas leur place là.

Un de ces bijoux méconnus du cinéma, pourtant magnifique fusion du cinéma d’action et de réflexion, où le final nous emmène plus loin que notre condition de spectateur : il ouvre une réflexion sur notre condition d’être humain. Ni plus, ni moins…

Note : ****

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11 août 2005

La fureur de vivre (Rebels without a cause)

fureur_vivreLe film qui a transformé James Dean en icône que cette Fureur de vivre.

Il faut dire qu’à l’époque, l’acteur est applaudi unanimement pour A l’est d’Eden d’Elia Kazan mais c’est véritablement son interprétation de Jim Stark qui va le transformer en référence incontournable de la culture pop.

Si La fureur de vivre fut un énorme succès en son époque, cela n’a rien de vraiment étonnant : Les Etats-Unis sortaient de la Guerre de Corée, l’Actor’s studio venait révolutionner le paysage cinématographique et les mythes prenait vie (Marlon Brando dans L’équipée sauvage deux ans plus tôt) tandis que la jeunesse se rebellait contre la société, voulant plus de ceci et moins de cela. La fureur de vivre s’inscrit donc dans cette lignée contestataire, sublimant une jeunesse qui ne veut que son indépendance et des parents dépassés et vieux jeu.

C’est là le souci du film, qui comme tout ceux s’inscrivant dans la même optique (s’établir ans l’ère du temps…) : ça a vieilli. Terriblement. La mise en scène, si subtile soit elle (usage particulier des couleurs, cadrage spécifique) n’a pas été véritablement gâtée par le temps, et si elle est encore regardable on sent que le film atteint ses 50 ans. Beaucoup d’interprétations aussi ne rentre plus dans la légende.

Pourtant, et c’est là l’un des principaux intérêts du film avec son scénario, les rôles majeurs sont grandioses : James Dean, Sal Mineo et Nathalie Wood. A eux trois, ils symbolise l’entièreté de la jeunesse de l’époque : le rebelle, la fille aimante, l’homosexuel non avoué. James Dean est ainsi l’ado indépendant, qui n’a pas peur de côtoyer le danger pour s’affirmer ; Nathalie Wood est la jeune fille qui regrette le manque d’affection de ses parents, quitte à fuguer pour leur faire implicitement comprendre ; enfin Sal Mineo incarne une sorte d’artiste, le gosse un peu paumé sans ses parents, l’orphelin qui ne cherche l’affection, l’amour de l’autre, en particulier ici avec le personnage de James Dean ; à noter que pour l’époque, traiter aussi ouvertement de l’homosexualité relève véritablement de la révolution… A noter aussi les destins tragiques de ces trois acteurs : outre la fin prématurée de James Dean à 24 ans, Nathalie Wood décédera en 1983 à 41 ans suite à une noyade quant à Sal Mineo, il sera abattu devant chez lui un soir de 1976, à 37 ans…

Une œuvre phare dans l’Histoire donc, surtout cinématographique, qui a malheureusement vieilli mais dont le charme certain permet de voir avec nostalgie, et c’est surtout à voir pour James Dean, qui tel un Jean Vigo était un génie absolu qui aurait pu radicalement changer la face du cinéma actuel ; en dépit, il l’a marqué de son fantôme pour l’éternité…

Note : ***

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12 juillet 2005

La nuit du chasseur (The night of the hunter)

nuit_chasseurQuand un acteur passe derrière la caméra, il subit forcément les influences de ses divers metteurs en scène et part donc sur de meilleures bases que n'importe quel cinéaste amateur. Et le rêve pour tous comédiens passant derrière la caméra (ainsi que de tout cinéaste qui se respecte) est forcement de pondre un jour une oeuvre aussi réussie que La nuit du chasseur de Charles Laughton.
Ce film fascine depuis maintenant 50 ans et fascinera toujours par sa lugubre beauté en noir et blanc, ses implications psychanalytiques, son étrange climat, l'aura ambigue de Robert Mitchum...
Magnifique Mitchum d'ailleurs, qui n'hésita pas à prendre le risque de jouer ce pasteur meurtrier, ce charismatique croquemitaine, rôle si éloigné de ce qu'il faisait d'habitude. Et quel grand bien ça lui a fait, car il trouva l'un de ses plus grands rôles, peut-être même son meilleur, dans ce rôle de psychopate qui n'hésite pas à tuer femme et enfants pour arriver à ses fins, en l'occurence une importante somme d'argent.
La photographie du film est tout simplement magnifique et le noir et blanc confère au film une garantie d'éternité, tellement ce noir et blanc là est contrasté et réussi.
Si le récit n'illustre en fin de compte qu'une lutte entre le Bien (les enfants, symboles de l'innocence) et le Mal (Mitchum himself, représentant la convoitise, le meurtre, lui-même paradoxe vivant puisque sont tatoués sur ses phalanges les mots LOVE et HATE (amour et haine)), il est illustré de manière tout à fait original et captivante, jouant même sur le jeu des ombres et offrant des images somptueuses et inégalées.
A la fois film d'horreur et conte onirique, La nuit du chasseur est le seul film réalisé par l'acteur Charles Laughton. Il avait alors 56 ans et ne récidivera (le capitaine Blight des Révoltés du Bounty décedera effectivemmment quelques temps plus tard), ce qui contribue encore à son inestimable valeur, à l'indicible mystère de ses images et à ce qu'elles contiennent de troubles et d'irrésistiblement attirant. Du génie à l'état pur.
Note : *****

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09 juillet 2005

La guerre des mondes (The war of the worlds)

la_guerre_des_mondesA l'approche du film homonyme de Spielberg, je me suis senti l'âme de vous parler de la première version cinéma de La guerre des mondes.
Bon, bien évidemment, le scénario reste en grosse partie identique puisqu'il est adapté directement du roman de l'illustre H.G. Wells, pilier de la littérature SF (et l'un des écrivains les plus adaptés si je ne me trompe). Nous revoici donc sur notre bonne vieille planète Terre qui se voit envahie par des extraterrestres très avancé technologiquement et pas très amicaux...
Il faut se dire que ce film était très attendu à son époque, H.G. Wells l'ayant immortalisé dans le monde de la littérature et Orson Welles l'ayant sacralisé dans l'histoire des canulars radiophoniques (des millions d'américains crurent réellement à une invasion en 1938 lors de l'émission de Welles ; ce dernier devra d'ailleurs faire des excuses nationales quelques temps après... Un coup de génie !)
L'ennui avec cette histoire d'invasion, c'est souvent (comme ici et comme dans le film de Spielberg d'ailleurs) le contexte politico-historique dans lequel s'inscrit le récit : alors que le roman d'origine accablait le colonialisme anglais, le film d'Haskins s'inscrit plutôt durant la Guerre Froide ; preuve avec l'usage des armes atomiques et le fait que les méchants aliens soient originaire de Mars, la planète rouge, rouge comme le communisme... Et Spielberg reconnaît volontiers avoir été influencé par le 11/09 durant le tournage...
Dans le film de Byron Haskins, il y a aussi ce souci de religion, dû notamment au final (que je ne peux énoncer pour le moment par rapport au film de Spielberg, dans l'attente de voir si la fin est la même...) mais cette sorte de Deus ex machina, ce revirement de situation que l'on attribue à Dieu est un peu dérisoire en comparaison du reste du film.
Car oui, le reste du film reste agréable ! Outre ses effets spéciaux, ayant obtenus un Oscar mais largement dépassés depuis (avec un peu d'attention, vous pourrez même remarquer les câbles qui soutiennent les OVNI lol), le film se laisse voir pour ce petit charme rétro qu'il possède ; les acteurs sont loin d'être parfaits, la mise en scène de bonne facture n'élève pas pour autant le film vers les sommets, mais l'ensemble reste cohérent, séduisant même, et n'a pas trop souffert de son âge (1954).
Plus une curiosité et un incontournable pour cinéphiles qu'un film du samedi soir donc, dont Spielberg n'a sûrement eu aucun mal à se détacher ; pourtant, pour la forme, le film est à voir...
Note : ***

Posté par cinemaniaque à 00:55 - .Années 1950 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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