Le cinéma de Bastien

Le cinéma dans toute sa splendeur et sa décadence, à travers toutes les époques et tous les pays, le bon et le moins bon du plus bel art qu'il soit : le cinéma.

15 août 2009

Shaolin Soccer (Siu lam juk kau)

Shaolin_SoccerAh ils sont forts ces Asiatiques. Rois actuels du polar bien ficelé (le cinéma coréen ou Johnnie To à Hong Kong) et du film fantastique surprenant, ils sont aussi de grands audacieux en matière de comédies, comme le prouve Stephen Chow qui fait se rencontrer l’univers de Bruce Lee et celui de Pelé le temps d’un film complètement barré !

Shaolin Soccer, c’est donc du foot mâtiné de kung fu. Enfin, football, entendons nous bien, cela m’a surtout fait penser à toute une partie de mon enfance, Olive et Tom et L’école des champions qui semblent avoir bien influencé Chow pour son film, très proche donc de l’univers des mangas de la génération des années 80.

Original et décalé (surprenante séquence de comédie musicale surgissant de nulle part), le film est aussi prétexte à une formidable démonstration des talents d’artiste martial de Chow : celui-ci, en effet, n’a rien à envier aux grandes stars du film d’action !

Mais hélas, si dans la forme le film tient plus ou moins la route (un peu trop d’effets spéciaux à mon goût), le scénario plombe tout : prévisible, déjà vu cent fois, trop facile et à l’humour parfois (trop) bébête, il empêche le film de s’élever vers quelque chose qui aurait pu être remarquable, une sorte de manga aimé live.

En dépit, c’est un fast-divertissement : agréable sur le coup, vite vu et vite passé à autre chose…

Note : **

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07 août 2009

Shadow of a vampire

Shadow_of_a_vampireLe cinéma est un art fascinant : quel autre peut se vanter d’avoir puisé tant d’inspirations dans sa propre histoire jusqu’à en faire un genre en particulier ? Je m’explique : on ne compte plus les films parlants du milieu du cinéma (Les Ensorcelés, Swimming with sharks…), de la réalisation de films (la merveilleuse Nuit américaine) quand il ne s’agit pas de chefs-d’œuvre reconnus comme tels (Citizen Welles). Friand de ce genre et admirateur de Nosferatu de Murnau, autant dire que ce Shadow of a vampire me tentait, d’autant que ces deux têtes d’affiches sont des acteurs que j’apprécie énormément.

Inutile de cacher ma déception : Shadow of a vampire n’est même pas l’ombre du bon film qu’elle prétend être. Tout commence merveilleusement bien pourtant, avec une ambiance travaillée et une ambiguïté concernant Max Schreck (méconnaissable Dafoe) très intéressante.

Hélas, tout sombre bien vite dans une certaine facilité, une perte d’ambiguïté pour une semi-frontalité ridicule concernant le côté vampirique ou non de l’acteur. Soit, ce serait encore pardonnable si en plus le film ne souffrait pas d’un sérieux problème de rythme, d’acteurs pas toujours au top et d’un final imbécile.

Alors du coup, qu’en déduire ? Ben que le seul intérêt pour ceux qui découvriraient ce film serait, peut-être, de susciter l’envie de voir le Nosferatu original de Murnau, véritable chef-d’œuvre lui de son genre, de son temps, de son pays, du cinéma.

Note : **

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26 juillet 2009

Panique au village

Panique_au_villageAttention, futur film culte ! Ceux qui ont vu les capsules de 5 minutes diffusées à la TV (et dispos pour certaines sur internet) sauront de quoi je parle : Cheval, Cowboy et Indien, ce ne sont pas n'importe qui !

A l’origine, une série de courts métrages tous plus absurdement drôles les uns que les autres (voir Le déjeuner sur l’herbe, La course cycliste, Laurent ou mon préféré Lise et Jan) dont l’adaptation en long métrage s’est faite attendre dans une drôle d’ambiance (passer de 5 minutes à plus d’une heure, pari risqué). Evidemment, le concept est suffisamment loufoque pour tenir la route ! Probablement le plus belge des films belges de cette décennie (tant par l’humour que par les accents bien prononcés), Panique au Village regorge d'humour loufoque voir absurde, d'inventivité, d'audace, de personnalité.

 

C'est une animation bancale (mouvements hachés et peu fluides) qui s'assume, mieux qui en tire parti pour faire de ce côté bricolé, assemblage de plastique et de carton peint, un fantastique voyage vers notre enfance, lorsque l'on jouait avec ces figurines et que, nous aussi, on leur inventait des histoires farfelues. La grande force du concept réside en effet dans ce côté universel, ce renvoi au passé de chaque spectateur qui a un jour eu ces figurines standard des cow-boys, indiens, fermiers, chevaux et autres animaux de la ferme. Les voix collent parfaitement aux personnages, et les accents belges savamment exagérés rendent ce film très attachant, toujours bon enfant.

 

Panique au village, si on devait résumer, ce serait 1h10 de bonheur décomplexé. A réserver aux amateurs du style néanmoins (si vous ne tenez pas plus de 10 minutes pour les courts métrages, passez votre chemin) mais quand on adhère, ce n’est que du bonheur !

Note : ****

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22 juillet 2009

OSS 117 - Rio ne répond plus

OSS_117_RioDéçu. Je suis déçu. Ce qui faisait le charme du premier OSS 117 a disparu à mes yeux.

Ici on reprend les même et on recommence : des blagues sur les Juifs au lieu des Musulmans, des nazis, une collaboratrice féministe avec qui OSS ne fait que des impairs... Comme pour ne pas se fouler (ou équilibrer les moqueries qui n’en sont pas réellement ?), Hazanavicius fait le minimum syndical et mise tout sur une recette qui avait effectivement fait ses preuves, mais qu’il aurait tout de même été de bon ton, après 3 années de préparation, de modifier pour attirer encore plus de public plutôt que de miser uniquement sur celui déjà conquis.

Ce que je trouve dommage, c'est la perte du fil conducteur du film : dans le premier, il s'agissait autant d'un hommage que d'une parodie des films d'espionnage des années 40 (notamment Casablanca) ; ici, si la première demi-heure est effectivement bourrée de clins d’œil aux films des années 60 (l'utilisation abusive du split-screen, les musiques yéyés) mais on vire rapidement dans la comédie pure, sauf que les gags sont parfois drôles, souvent lourds, constamment tirés en longueur (les Chinois, l’Américain). Il n'y a plus ce sens du rythme qui faisait passer le premier comme une lettre à la poste. Si le premier parodiait les premiers OSS 117, celui-ci aurait pu allégrement se moquer des James Bond période Terence Young mais il n’en est rien.

Reste quand même quelques moments assez drôles et un Jean Dujardin qui a la classe. Ca fait peu quand même.

Note : **

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10 juillet 2009

Synecdoche, New York

Synecdoche_NewYorkCe film est un film de taré !!! C'est la première fois que je reste aussi confus face à un film.

L'histoire d'un hypocondriaque qui flingue sa vie pensant qu'il va mourir (ce qu'il ne fait pas... ou si ? Et si tout n’était qu’un rêve de mourrant ?) et qui suite à une bourse pour monter une pièce veut retranscrire la vie, sa vie... Absolument dingue ! Je défie quiconque de trouver une vraie logique dans ce film, qui mélange réalité, fiction et réalité fictionnelle (?). C'est un drame comique, c'est une comédie dramatique, il y a autant de désespoir dans le comique que de comique dans le désespoir (?). On pense parfois à Adaptation. et on se dit que ce dernier était d’une simplicité déconcertante en comparaison à celui-ci.

C’est l’histoire d’un jeune cinéphile qui écrit sur ce film. Pour bien comprendre ce dernier il décide de s’y plonger corps et âme. Et de se dire que Philip Seymour Hoffman est, comme a chaque fois, incroyable, réussissant comme toujours à effacer son statut d’acteur et à exister en tant que personnage, à se faire oublier dans la mimesis et à exister en tant que personnage de fiction.

C’est l’histoire d’un jeune cinéphile qui écrit sur un jeune cinéphile qui écrit sur Synecdoche New York et se dit que c’est dommage que le film, à trop se prendre pour une synecdoque de la vie (??) devient totalement obscur dans la seconde partie, où existe une mise en abyme dans la mise en abyme de la mise en abyme. Le jeune cinéphile qui écrit sur le jeune cinéphile qui écrit sur le film se reconnaît alors dans le film et doit trouver quelqu’un d’autre pour écrire à sa place.

C’est l’histoire d’une jeune cinéphile qui écrit sur un(e) cinéphile qui écrit sur Synecdoche New York. Qui se dit que Charlie Kaufman est un scénariste extraordinaire mais qu’il devrait veiller à ne pas trop s'enfermer dans son univers sous peine de s'y retrouver seul...

Note : ***

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04 juillet 2009

Anges et Démons (Angels and Demons)

Anges_et_d_monsAutant j’avais apprécié le roman Da Vinci Code, autant le film m’avait horriblement déçu. Dire que je n’attendais rien de cet Anges et démons est donc un doux euphémisme. Et, finalement, c’était peut-être mieux ainsi !

Après l'échec critique de Da Vinci Code donc, Ron Howard semble avoir compris ses erreurs et fait appel aux meilleurs : exit les rôles inutiles aux acteurs connus (ce pauvre Marielle et cette ridicule Tautou dans le film précédent), place à des pointures du style Armin Mueller-Stahl (toujours aussi impressionnant), Stelan Skarsgard (un poil trop caricatural), Ewan McGregor (belle performance) et une série de seconds rôles convaincants.

Mais l'idée du siècle vient du fait de demander à David Koepp de s'occuper du scénario : en découle un script allant à l'essentiel, négligeant les longues explications qui ralentissent le récit, s'éloignant fortement du roman original, sachant doser suspens et action. Bien entendu, il y a toujours des erreurs (rah cette manie de surdosage d'effets spéciaux !) et des facilités de scénario, voir encore des choses plus regrettables (la psychologie de l'assassin n'est pas très travaillée ici, de même que la charge contre l'Eglise est assez convenue) mais dans l'ensemble, le film est tellement éloigné de Dan Brown qu'il parvient à vivre pour lui-même et, par conséquent, à être digeste.

Et si la mise en scène n'a rien d'extraordinaire (c'est du Ron Howard aussi hein), les rebondissements suffisent à tenir éveillé durant les 2 heures standard du divertissement qui se revendique comme tel et rien de plus.

Note : ***

PS : on notera en revanche que l’affiche est toujours aussi moche…

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10 juin 2009

Che (L'Argentin et Guerilla)

Che_l_argentinLa première question qui se pose lorsqu’on voit Che, c’est : fallait-il réellement deux films pour parler du célèbre révolutionnaire ? Eh bien quand on voit l’Argentin, la réponse est affirmative.

Résumer une vie aussi riche que celle du Che en deux heures serait un crime, ne serait-ce que parce que ça reviendrait à éluder les contours du personnage, et le contexte socio-historique dans lequel il a évolué et a fait sa place. La dilogie de Steven Soderbergh ne se concentre que sur quelques années de révolution d’ailleurs, laissant à Carnets de voyage de Walter Salles le soin de raconter la jeunesse (genèse ?) d’Ernesto Guevara.

Bon, il est évident que la mise en scène de ce premier opus est très classique, que les décors varient peu (normal, vu que c’est la jungle…) et que la narration est convenue (une suite de flash-back, le point de départ étant une interview du Che aux Etats-Unis lors de sa visite à l’ONU à New York en 1964).

Mais ce que j'ai particulièrement apprécié, c'est le détachement de Soderbergh par rapport à son sujet. Au fil des années, le Che est devenu un mythe loin de la véritable histoire ; ici, le réalisateur ne prend pas parti, ne fait pas de film politique ni le portrait d'un héros ou d'un martyr : c'est le portrait d'un meneur d'hommes avec ses idées propres et qu'il défend arme au poing. C'est bien simple : le surnom "Che" doit être prononcé à peine 3 ou 4 fois sur deux heures de film. Lui est préféré le nom d'Ernesto Guevara. On supprime le mythe pour parler de l'homme.

Cet homme, c’est Benicio del Toto qui le fait revivre, et au-delà de la ressemblance troublante entre les deux hommes, on comprend très vite la raison du Prix d’interprétation à Cannes tant il compose, lui aussi, un être humain au-delà du mythe, capable d’être attentionné mais aussi d’être un chef militaire sans concession.

Si le chef-d’œuvre est loin, Soderbergh a au moins le mérite de présenter un personnage désacralisé, non plus une image historique mais un guérillero intelligent et déterminé, motivé par ses idées. Un regard rétrospectif intéressant et non négligeable qui fait la force de ce film hollywoodien standard.

Note : ***

che_guerillaMais comment est-ce possible ??? Comment un même film à la base peut être si différent quand il est séparé en deux à sa sortie ???

L'Argentin jouait de la subtilité, de la démystification, de la recherche d'objectivité en ne s’attachant plus au Che le mythe mais au Che l’homme. La naissance d’une icône prenait une toute autre dimension que ce qui a pu déjà être fait sur Ernesto Guevara. Et voilà que cette suite déconne, est écœurante de parti pris (bye bye les crimes du Che, exit son voyage peu reluisant au Congo, au revoir l'implication importante des USA dans son assassinat !) et d'effets larmoyants (la mort du Che, en point de vue subjectif, sensée attirer la compassion est juste ridicule). Soderbergh semble limiter la défaite de la révolution aux Boliviens, aux rebelles d’une part (vite démoralisés, déserteurs) et aux paysans. Le cinéaste n’accorde d’importance au fait que le Che a vu trop grand, ou a trop voulu imposer ses idéaux à une population qui n’en voulait pas. Les Américains n’ont pour lui (et ses scénaristes) que peu intervenus, en formant des soldats d’élite : si le Che a perdu, c’est la faute aux siens qui l’ont trahi. Si tout cela n’est pas faux, elle ne constitue pas les seules causes de son échec en Amérique Latine !

On se retrouve donc avec un scénario gruyère, et une mise en scène d'une platitude... Je ne vous dis que ça. Les scènes se suivent et se ressemblent, il n’y a plus d’envolée lyrique, juste un regard presque de reportage, trahit comme je l’ai précisé par un final mélodramatique à souhait.

Reste Benicio Del Toro, même si lui aussi semble moins inspiré que dans le premier film.

Est-il possible que l'Argentin et Guerilla aient formé un jour le même film ? Je commence sérieusement à en douter.

Note : *

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07 juin 2009

Good Morning England (The Boat that Rocked)

Good_morning_EnglandAttention, le texte qui va suivre a été écrit par un amoureux de sex, drugs and rock’n’roll !

Flash-back : Après le succès mondial de sa première réalisation, Love Actually, Richard Curtis (également scénariste des séries La vipère noire et Mr Bean ainsi que Quatre mariages et un enterrement, rien que ça !) s'est interrogé sur son projet suivant. Il s'est alors mis à repenser à ses souvenirs d'enfance, lorsqu'il écoutait tard le soir des radios pirates qui émettaient depuis des bateaux et de plates-formes maritimes ancrées juste au-delà des eaux territoriales britanniques, à la fin des années 60. Ces stations de radio firent découvrir à un auditoire aussi nombreux qu'enthousiaste des groupes comme les Beatles, les Rolling Stones et les Kinks, et des chanteurs et musiciens tels que Jimmy Hendrix, Dusty Springfield, Janis Joplin et Aretha Franklin. Le gouvernement britannique fit de son mieux pour empêcher ces transmissions illégales qui arrivaient depuis la haute mer jusque dans les foyers de millions de Britanniques qui adoraient ce qu'ils entendaient.

Amateur d’humour second degré, de grands numéros d’acteurs et surtout de musique qui déchire, par ici la party ! Et fuck cette vieille peau d’Elisabeth II ! Rock’n’roll !

Car sur le bateau Radio Rock vous trouverez ce que vous êtes venu chercher : du plaisir ! Procuré principalement par des types comme Rhys Ifans, Nick Frost et Philip Seymour Hoffman, tandis que sur la terre ferme deux drôles de gus vous attendent, tout aussi surprenants : Kenneth Branagh (magnifique ministre réplique exacte d’un Hitler british) et, ô surprise, d’un Steve Coogan inattendu en prétentieux coincé et conservateur ! C’est aussi ça l’humour du film, proposez des situations difficilement imaginables !

Et puis, bien évidemment la b.o. : bon sang que c’est bon ! Imaginez un peu : The Kinks, The Turtles, The Beach Boys, Jeff Beck, The Who, The Hollies, Skeeter Davies, Jimi Hendrix, Otis Redding, The Supremes, Cat Stevens, The Rolling Stones ou encore David Bowie entre autres ! Du pur bonheur !

Dommage que le bateau finit par prendre l’eau, dans tous les sens du terme, et qu’en plus de certaines longueurs parfaitement dispensables le final s’avère interminable, stupide pour ne pas dire pitoyable, dénotant avec le vent de folie et d’anarchie qui régnait durant les deux premiers tiers du film.

Oh et puis merde, c’était quand même bon !!! Rock’n’roll !

Note : ***

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04 juin 2009

Shrek 3

Shrek_320h : mise en route de Shrek 3, ou la suite de la suite parfaitement dispensable.

20h10 : toujours pas de sourire.

20h20 : mmmmhhhh… Toujours pas de références ciné… Ni d’humour d’ailleurs.

20h45 : non, ils vont pas oser faire un film sur les ados stéréotypé au maximum ?!

20h50 : ah ben si tiens.

20h55 : zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz…

20h56 : hein quoi qu’est ce que c’est qu’est-ce qui a qui c’est qui m’a pincé là ?

21h10 : la fin ? la fin ?

21h11 : on veut la fin !

21h12 : MAINTENANT !

21h14 : ouais allô Raoul ? Ouais la forme et toi ? Non non tu me déranges pas, je regarde Shrek 3 donc j’ai rien à foutre. Ca va ou bien ?

21h29 : allez, salut Raoul !

21h30 : générique, ouais ouais ouais, générique, ouais ouais ouais !!!

21h45 : réconfort de la pauvre personne qui a payé le dvd. Nan, sérieux, condoléances…

Note : 0

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30 avril 2009

The Fall

FallIl était une fois un cinéaste visionnaire. Il avait déjà réalisé un film pour le moins surprenant avec The Cell, où la fouille de l’Inconscient d’un serial-killer. Ce cinéaste s’appelait Tarsem Singh et malgré son succès en publicité, clip et télévision, il avait bien du mal à trouver de l’argent pour les films de cinéma.

Six ans après The Cell, il rencontra deux autres cinéastes visionnaires qui décidèrent de l’aider : David Fincher, le visuel, et Spike Jonze, le décalé. Ensemble, ils décidèrent de produire le film de Tarsem, qui s’intitulerait The Fall, symbolisant ainsi le point de départ du film (les deux personnages principaux sont à l’hôpital suite à une chute) mais aussi la chute aux enfers de la dépendance…

Tarsem une fois au travail fut visuellement prodigieux : inspiré par les univers fantasques de Terry Gilliam, Guillermo Del Toro ou Jodorowsky, mélangeant les couleurs chatoyantes, le noir et blanc, le théâtre, l’opéra et même l’animation en stop-motion pour une séance de délire percutante, le cinéaste n’hésita pas une seconde dans son film à épater le spectateur, tant par ses décors (trouvés dans pas moins de 18 pays) que dans ses costumes soignés.

Hélas, le pauvre Tarsem, si doué soit-il pour en mettre plein les yeux, possédait quelques lacunes au niveau de sa façon de raconter des histoires : après un début savoureux (notamment une scène d’introduction au ralenti remarquable avec la symphonie n°7 de Beethoven, qui donne bien vite le ton fantastique que va prendre le film) et une première heure où aventure, humour et réflexion sur la relation monde adulte-monde de l’enfance cohabitent, le film hélas perd de sa fougue dans sa troisième demi-heure, un brin convenue, moins passionnante car moins envolée, avant de sombrer dans une dernière demi-heure consternante de facilité (des morts de héros à grands coups de violons, des effets mélodramatiques inutiles pour tirer les larmes aux spectateurs), à peine sauvée par un épilogue il est vrai emprunt d’humilité et d’amour pour le cinéma et ses héros méconnus, les cascadeurs, surtout les premiers, de Buster Keaton à Harold Lloyd.

De plus, l’humble conteur de cette histoire ne put s’empêcher de penser au Labyrinthe de Pan, où là aussi le cinéaste démontre comment parler d'une situation grave de manière détournée. Mais là où Guillermo Del Toro abordait le franquisme et la perte de l’enfance, Tarsem Singh ne semblait parler que d’une peine de cœur et des tendances suicidaires d'un cascadeur dépressif devenu accroc à la morphine.

Bref, l’aventure de Tarsem fut hélas boudée par le public : il faut admettre que cela semblait un peu trop léger par rapport a sa forme très soignée : le visuel ne fait pas tout, même au cinéma. En l’occurrence, c’est bien dommage, car potentiel il y avait. Dans une autre histoire, peut-être…

Note : ***

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