Le cinéma de Bastien

Le cinéma dans toute sa splendeur et sa décadence, à travers toutes les époques et tous les pays, le bon et le moins bon du plus bel art qu'il soit : le cinéma.

19 février 2008

There will be blood

there_will_be_blood_poster2Cinq ans, cinq longues années que l’on attendait le nouveau film de Paul Thomas Anderson. Ce petit surdoué, que l’on a tôt fait de comparer à Robert Altman, a su se faire attendre, après Boogie Nights et Magnolia, qui en ont fait une valeur sûre du cinéma américain contemporain, et un Punch-Drunk Love qui a pris tout le monde à contre-pied. Mais le voici enfin de retour, et avec un chef-d’œuvre audacieux qui plus est, du nom de There will be blood.

C’est à l’époque où il vivait à Londres que P.T. Anderson découvre Oil ! Oil !, un roman d’Upton Sinclair écrit en 1927. Séduit, il décide de le transposer au cinéma. Mais alors qu le scénario avance petit à petit, les producteurs se font insistants pour savoir quel en sera le casting. Un projet de cette envergure demande plus que des acteurs certes talentueux mais finalement peu connus, contrairement à ses précédents films. Arrivé au trois quarts du script, P.T. Anderson contacte Daniel Day-Lewis pour le rôle principal ; le comédien, séduit par le précédant film du cinéaste, accepte d’emblée, et contribue à la création du personnage de Daniel Plainview. De l’aveu de la productrice, le film n’aurait jamais vu le jour si Day-Lewis avait dit non…

Le tournage se déroule au Nouveau Mexique et au Texas de mai à août 2006. Certains prises de vue ont eu lieu dans la petite ville de Marfa où a déjà été tourné Géant avec James Dean et plus récemment No Country for Old Men des frères Coen. Paul Thomas Anderson a préalablement fait preuve de beaucoup de préparation pour son film : pour s'imprégner de l'ambiance de l'époque, il a voyagé jusqu'à Silver City au Nouveau Mexique où existait auparavant une mine d'argent. Il découvre aussi un rapport du Congrès sur un scandale où un exploitant avait drainé le pétrole environnant sans autorisation des propriétaires ; pour s’expliquer devant le Congrès, il avait employé la métaphore du milk-shake, qui deviendra l’un des dialogues les plus marquants du film.

Le soin alors apporté aux détails du film est très important pour la reconstitution historique, et Anderson ne craint pas les dépenses conséquentes. Ainsi, l'équipe a fait venir une authentique locomotive de l'époque : une Prairie Old N°7 construite par les ateliers Baldwin Locomotive Works en Pennsylvanie en 1907. Le manoir où habite le personnage de Daniel Plainview à la fin du film est le Greystone Mansion, un véritable manoir situé à Los Angeles qui appartenait au magnat du pétrole Eward Doheny, l'une des inspirations principales du personnage de Plainview. Le cinéaste va même jusqu’à utiliser un objectif 43 mm spécial, issu d’une caméra Pathé 1910 qu’il possède, pour filmer certains plans du film.

A sa sortie, le succès critique est au rendez-vous : Variety le qualifie de « grande saga épique, à la hauteur d’un Citizen Kane », les Golden Globes récompensent la performance de Day-Lewis tandis que Paul Thomas Anderson se voit gratifié d’un Ours d’argent à Berlin, où le film remporte par ailleurs le Prix de la meilleure contribution artistique. Le film est également en lice, et grand favori, des Oscars 2008 avec pas moins de 8 nominations.

Comparer There will be blood à Citizen Kane est bien évidemment très forcé, mais force est de constater que le film d’Anderson possède plusieurs points communs avec celui de Welles. Le plus marquant est bien entendu le rêve américain traîné dans la boue, non pas dans le fait qu’il est inaccessible (puisque, dans l’un comme l’autre film, les personnages deviennent riches et puissants) mais parce qu’il conduit à une perte d’identité, à un isolement, à un état proche de la folie qui le condamne à sa perte. Plainview et Kane sont identiques dans leur manière d’éliminer ce qui les gêne, même leurs proches, comme ils sont semblables en mégalos enfermés dans leurs manoirs respectifs.

A titre plus personnel, Paul Thomas Anderson continue son exploration du thème familial, principalement celui du rapport père-fils. Jamais jusqu’ici Anderson n’aura été aussi sombre dans ce thème, que ce soit entre Daniel et H.W. Plainview ou entre Eli et son père. Une autre approche est également faite dans l’idée de la famille, à savoir les relations fraternelles. Dramatiques en ce qui concerne Plainview, elles sont carrément bibliques entre Eli et Paul, son jumeau, où le bon et le mauvais fils feraient presque écho à Caïn et Abel…

Le "sang" du titre évoque donc tout autant le pétrole (« le sang noir de la terre ») que celui qui coule dans les veines de chacun, et qui peut complexifier les rapports humains (en l’occurrence les rapports familiaux). Il fait aussi écho implicitement au prix à payer pour accomplir son rêve, c’est-à-dire aux Etats-Unis devenir quelqu’un d’important, de riche et de puissant.

Formellement, Paul Thomas Anderson semble avoir acquis toute sa maturité, affichant une véritable maîtrise du cadrage et, surtout, proposant un rythme volontairement lent à son récit. Le cinéaste n’a plus besoin de faire ses preuves, ou de connaître un succès public : il fait un film comme il le veut, adaptant le montage à ses envies. L’exemple le plus frappant est cette introduction, de près de 12 minutes, où aucun mot n’est prononcé. Il n’y a pas non plus, à l’exception d’une scène dantesque d’incendie du derrick, d’action dans le film. C’est un véritable retour à des films plus anciens, à toute une époque où le cinéma racontait avant tout une histoire. Anderson flirte souvent avec ce cinéma d’autrefois, et ce n’est pas un hasard lorsque l’on sait que le cinéaste regardait tous les soirs Le trésor de la Sierra Madre pour rester dans le ton du film. C’est aussi dans ce souci du petit détail que le réalisateur est fort : il insiste notamment sur l'importance qu'on les figurants : « Sans exagérer, je suis convaincu qu'un film vit ou meurt grâce à ses figurants. Les gens du coin que l'on voit à l'image ont ce parfum de Texas qui ne s'invente pas, qui ne peut pas naître que du fait d'avoir vécu là-bas toute sa vie. Ce sont des gens généreux de leur temps et de leur humanité. Je suis très fier du travail qu'ils ont accompli. Vous pouvez avoir un immense acteur comme Daniel Day-Lewis, si jamais la personne face à lui semble fausse, elle devient une distraction et le film est par terre... »

Il faut cependant admettre que si Anderson peut s’accorder autant de libertés avec les à-côtés du film, c’est parce que son interprète principal est, avec les thèmes du scénario et la réalisation, l’un des trois piliers centraux du film. Une fois encore, on peut approcher Day-Lewis à Welles dans l’interprétation, à la différence près que Day-Lewis, plus subtil, traversera sans doute mieux les âges. L’intensité du jeu de l’acteur passe effectivement et avant tout par ses silences, par sa simple présence, par un regard qui font de Daniel Plainview le centre d’attraction du regard, même lorsqu’il n’est pas seul à l’écran. Anderson, si doué soit-il, doit quand même beaucoup à Day-Lewis, c’est certain. Par exemple, le speech que prononce Plainview devant les gens de Little Boston, et qui définit admirablement bien le personnage, est une improvisation complète de l’acteur. Face à lui, Paul Dano tente de résister, et il le fait plutôt bien dans son rôle de prédicateur prétentieux et arrogant. Le conflit final entre eux restera sans doute dans les mémoires pendant longtemps.

Enfin, dernier point non négligeable : la musique. Tout comme Altman, Kubrick ou Scorsese, Anderson a bien compris l’importance qu’une bande originale pouvait avoir dans le bon déroulement d’un film, allant parfois jusqu’à lui donner une dimension supplémentaire. Ici, la musique originale composée par Jonny Greenwood (guitariste de Radiohead… rien que ça) offre aux images un côté tantôt mélancolique tantôt carrément tragique.

Film du retour, et quel retour, pour un cinéaste que certains commençaient déjà à oublier, There will be blood est un pavé dans la mare de la production hollywoodienne actuelle, une œuvre thématiquement et formellement audacieuse qui établit enfin Paul Thomas Anderson au rang des grands, de ces tragédiens du septième art qui ont marqué leur époque. On serait presque tenté d’en faire un classique instantané ; c’est au minimum un chef-d’œuvre.

Note : *****

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29 octobre 2005

Paul Thomas Anderson : analyse d'un petit génie

Bien! Suite à un petit défi entre Chris et moi, je me suis proposé d’établir une petite étude de l’œuvre de Paul Thomas Anderson, cinéaste ô combien merveilleux et génial (non non, pas de subjectivité dans mon avis…^^). Je ne promets évidemment pas une analyse approfondie et complète mais un petit survol de son style, de ses thèmes à travers sa filmographie… Donc c’est parti !

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Pour rappel, la filmo :

- Sydney (Hard Eight)

- Boogie Nights

- Magnolia

- Punch-Drunk Love

A noter que tous ces films sont déjà critiqués sur mon blog ^^

Bien, passons à la pratique !

Le « style Paul Thomas Anderson »

Quoiqu’il arrive dans ses films, Paul Thomas Anderson s’est toujours débrouillé pour se distinguer des autres réalisateurs par une réalisation et une écriture bien particulière.

Ce souci d’être auteur-réalisateur s’est toujours affirmé jusqu’à son dernier film en tournage, There will be blood, adaptation du roman Oil ! Oil ! d’Upton Sinclair (avec peut-être Daniel Day-Lewis !!!! :D )

Les influences

Dans sa réalisation, Paul Thomas Anderson reste un cinéphile absolu : ainsi sa manière d’écrire et de filmer est très influencée par Jonathan Demme, Robert Altman, Max Ophüls, François Truffaut et Martin Scorsese.

Robert Altman est très présent dans l’écriture chorale de Boogie Nights et surtout Magnolia, qui peut-être comparé (même si je ne suis pas totalement d’accord) à Short Cuts ou encore Nashville, un des films phares de Paul Thomas Anderson.

Max Ophüls lui est très présent dans les mouvements de caméra, que Paul Thomas Anderson adore : travellings et panoramiques fréquents, PTA raffole surtout des plans-séquences présents dans chacun de ses films avec bien sûr une signification particulière (dans Sydney il illustre la main-mise de Philip Baker Hall sur le jeu, dans Boogie Nights il présente les personnages comme une famille, dans Magnolia la télévision comme une entreprise structurée et dans Punch-Drunk Love des événements incroyables comme banals)

François Truffaut et Martin Scorsese eux ont inspiré une dimension biographique aux œuvres de P.T. Anderson, et surtout un amour des acteurs et du cinéma en général. D’un point de vue strictement personnel, je considère même Paul Thomas Anderson comme meilleur directeur d’acteur que Scorsese ; à noter enfin que c’est Scorsese qui a inspiré la structure de Boogie Nights (gloire – chute aux enfers – rédemption), un schéma digne de Raging Bull auquel P.T. Anderson rend hommage dans une séquence finale jubilatoire et très drôle.

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Jonathan Demme, le réalisateur favori de Paul Thomas Anderson, regrouperait tout ça, dixit le cinéaste.

Le casting

Chez Paul Thomas Anderson, le casting est très important : ce sont toujours ls mêmes noms qui reviennent. Chez les acteurs nous trouvons :

- Ricky Jay, 2 participations (Boogie Nights et Magnolia)

- Alfred Molina, 2 participations (Boogie Nights et Magnolia)

- William H. Macy, 2 participations (Boogie Nights et Magnolia)

- Julianne Moore, 2 participations (Boogie Nights et Magnolia)

- Philip Baker Hall, 3 participations (Sydney, Boogie Nights et Magnolia)

- John C. Reilly, 3 participations (Sydney, Boogie Nights et Magnolia)

- Luis Guzman, 3 participations (Boogie Nights, Magnolia et Punch-Drunk Love)

- Philip seymour Hoffman, recordman avec 4 participations

Mais dans l’équipe technique les noms reviennent également, surtout Jon Brion compositeur attitré de Paul Thomas Anderson sur tous ses films sauf Boogie Nights (dans lequel il fera pourtant une brève apparition comme membre du groupe pendant la remise des Awards).

Mais l’art de Paul Thomas Anderson, c’est aussi de se servir de stars comme seconds rôles : on retrouvera ainsi Gwyneth Paltrow et Samuel L. Jackson dans Sydney, Burt Reynolds dans Boogie Nights, Tom Cruise et Jason Robards dans Magnolia. Pour fini, PTA offre toujours ses premiers rôles à des acteurs que l’on attend pas dans ce registre (Mark Whalberg en star du porno, Adam Sandler en sentimental refoulé…) ainsi que des rôles marquants pour d’autres (Burt Reynolds, Julianne Moore et John C. Reilly dans Magnolia) dont l’exemple le plus fort est Tom Cruise en gourou du sexe dans Magnolia.

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Pour finir, c’est la couleur qui joue un rôle essentiel dans le style Anderson : les couleurs privilégiées sont toujours le rouge (amour, colère), le bleu (responsabilité, idéalisme, tristesse), le jaune (intellectualisme, joie) et le vert (repos, jeunesse, espoir…), toujours sublimée par une photographie exemplaire.

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Passons maintenant aux thèmes !

Les thèmes

La figure paternelle

Il s’agit là d’un des thèmes les plus importants de P.T. Anderson ; pour histoire, son père était réalisateur à Hollywood…

Dans Sydney, Anderson confie ce rôle à Philip Baker Hall, acteur qui fut révélé par l’une des trois influences majeures de Paul Thomas Anderson : Robert Altman !

Ici, Sydney prend sous son aile ce jeune orphelin de 30 ans et décide de lui offrir une vie décente : magouilles et compagnies pour vivre heureux à Reno, le Las Vegas de ceux qui ont de petits moyens. A travers cette démarche, Anderson offre à la figure paternelle un côté protecteur, qu’il va pourtant s’empresser de détruire via le personnage de Samuel L. Jackson, le bad guy pas si mauvais que ça dans le fond. Dès son premier film, Anderson règle ses comptes à l’image du père, lequel n’est finalement qu’un menteur, un hypocrite et un assassin. Il redore pourtant son image en l’impliquant dans un problème que seul Sydney va parvenir à résoudre : le père devient affectueux même si dans le fond c’est un salaud.

 

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Boogie Nights représente le sommet de ce thème, puisque la figure paternelle se voit présentée sous plusieurs formes.

D’abord, il y a le manque de communication entre Eddy et son père

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Suite à une dispute entre la mère d’Eddy et Eddy lui-même, le père est représenté lâche et faible, incapable de protéger son fils.

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Vient ensuite l’amour paternel qu’éprouve Jack envers son nouveau poulain, Dirk Diggler ; ce même Jack ressent comme un esprit père-fils avec Le Colonel, producteur des films X.

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Jack va pourtant perdre Dirk à cause de la drogue ; illusion de la sécurité familiale. Jack va ensuite perdre son père spirituel impliqué dans un acte pédophile ; deuxième illusion d’un père parfait et bienveillant.

De son côté, Ambre se bat avec le père biologique de son fils pour pouvoir le voir, ce qui implique un aspect odieux du père même si dans le fond celui-ci ne veut que le bien de son enfant (refus de la laisser le voir car droguée et actrice porno) : le père est dur mais juste.

Magnolia est le règlement de compte final avec cette image du père.

D’une part le père du petit génie veut le surpassement constant de son fils, devenu source de revenu ; quand celui-ci perd l’émission, le père ne veut plus le voir : un père profiteur et égoïste. L’image est soutenue par le dialogue de Donnie Smith dans le bar sur le fait que ses parents ont dépenser tout l’argent qu’il avait gagné avant même d’avoir fini son enfance.

De leurs côtés, Earl Partridge et Jimmy Gator représentent le sommet de la lâcheté : préférant leurs carrières à leurs vies de famille, ils ont été infidèles, menteurs, arrogants et vivent maintenant avec des regrets.

Earl a trompé sa femme tandis qu’elle mourrait d’un cancer et a par la même occasion abandonné son fils, qu’il souhaite revoir une dernière fois avant de mourir ; l’entretien final entre le père et le fils est voué à l’échec, Earl ayant perdu la tête : décommunication familiale.

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Jimmy lui veut renouer avec sa fille mais ne peut, suite à son acte odieux d’autrefois : perte de la confiance envers le père. Celui-ci devient alors alcoolique : manque de courage, faiblesse morale. S’il voulait se réconcilier, ce n’était en fait que parce qu’il avait un cancer : hypocrisie et égoïsme.

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Cette fois, Anderson ne sauve pas le père. Pas même au début, dans la séquence de la dispute des Barringer, où le père n’est même pas capable d’empêcher sa femme de se servir d’une arme à feu, ce qui tue leur enfant : incapacité du père à protéger l’enfant.

Dans Punch-Drunk Love, le thème est déjà plus sous-jacent, puisque c’est le manque de figure paternelle qui provoque chez Barry ses crises de nerfs, lui qui fut élevé par sept femmes : le manque du père angoisse l’enfant.

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La décommunication

Thème récurrent également chez PTA, la décommunication se fait rare dans Sydney ; le seul sujet qui se reporte à cela ne serait autre que le meurtre du père de John qui provoque des dégâts irréversibles.

Dans Boogie Nights, la décommunication entre Eddy et son père peut provoquer un manque de repère pour le jeune garçon, qui se dirigera dès lors dans les bras de celui qui le voit comme une futur star.

Il y aussi ce manque de communication entre Ambre et son fils qui la rend junkie, ce qui entraîne une réaction en chaîne car plus elle se drogue moins elle lui parlera.

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Il y a aussi ce manque de communication entre Eddy et Jack quand il commence à se droguer ; la dépendance va ruiner sa carrière et ébranler à jamais la confiance entre les deux hommes.

Magnolia reste cependant LE film sur la décommunication : chaque personnage s’enferme dans son monde, qu’il idéalise ou non, et ne cherche pas à en sortir : du gourou du sexe qui veut oublier son passé à la junkie qui malgré son amour ne veut pas rester avec Jim le flic, en passant par le manque de communication entre l’enfant prodige et son père, ainsi que le manque d’affection dont souffre Donnie et qu’il cherche auprès d’un serveur de bar, le film en lui-même est sur la décommunication.

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Un très bel exemple est lorsque Jim Curring écoute l’enfant faire un rap et dévoiler un assassin ; n’ayant rien écouter, le flic Curring rate une arrestation qui aurait pu lui faire gagner de l’avancement, ou du moins nettoyer l’affront qu’il subira plus tard en perdant son arme.

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Un autre exemple est le manque de communication entre la mère et la fille, laquelle ne peut donc pas avouer l’acte odieux qu’elle a subit étant jeune ; ce n’est que lorsque Jimmy l’avouera que la mère retrouvera sa fille : rétablir la communication sauve les âmes.

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Dernier exemple parmi tant d’autres : la scripte refuse d’écouter l’enfant qui doit aller aux toilettes ; ce dernier se soulage donc sur le plateau et, honteux, refuse de se lever pour répondre à une question : le manque de communication à engendré un dérèglement du bon déroulement de l’émission, métaphore de la vie (enfants contre adultes).

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Punch-Drunk Love lui symbolise la décommunication par l’isolement fréquent de Barry, son besoin de se confier à un téléphone rose ou encore ses explosions de colère soudaines qu’il ne peut expliquer.

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L’infidélité

L’infidélité est également un pêché que PTA affectionne ; il le représente sous de nombreuses formes.

Dans Sydney, Gwyneth Paltrow est une prostituée qui s’occupe d’hommes mariés ; c’est justement l’un d’eux qui fera les frais d’un coup monté.

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Sydney lui trahira sa parole faites à Jimmy selon laquelle il paierait son silence ; il ne fera que l’attendre patiemment pour l’éliminer définitivement.

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Dans Boogie Nights, l’infidélité est également une source de comique puisque le réalisateur adjoint voit sa femme et ses amants partout où il se trouve.

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La conclusion sera beaucoup moins drôle puisqu’elle finira par un double meurtre et un suicide…

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Pour Eddy, Jack sera infidèle en prenant un nouvel acteur, ce qui provoquera une violente dispute.

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Dans Magnolia, c’est partiellement l’infidélité de Earl qui a poussé Frank à le renier ; pour cela il devient infidèle à sa famille en changeant de nom.

Jimmy lui aussi est infidèle, tout comme Linda mais chacun finit par le regretter.

L’infidélité de la mère amène aussi un meurtre au début du film, pour souligner une fois de plus le danger de la trahison.

Dans Punch-Drunk Love en revanche, l’infidélité n’est plus présente.

L’influence néfaste de la télévision

Peu ou pas présente dans Sydney et Punh-Drunk Love, la télévision fait pourtant des ravages dans Boogie Nights et surtout Magnolia.

Dans Boogie Nights, elle condamne en partie le cinéma porno de qualité, le support 35 mm pour les films pour adultes ; fin d’une époque, début d’une autre beaucoup moins glamour.

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Dans Magnolia elle peut représenter une sorte de mal absolu : elle conditionne la vie de certaines personnes…

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… est le gagne-pain de certains charlatans…

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… ou est une source d’ennui pour d’autres qui ont vu leur vie gâchée par elle et la pseudo-célébrité qu’elle offre…

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Le sexe sans amour et l’amour sans sexe

Déjà dans Sydney, Paul Thomas Anderson distingue deux types d’amour : le purement sexuel et le platonique. Clémentine vend ses charmes…

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… mais ne les offre pas à John avant d’en tomber amoureuse.

Dans Boogie Nights, le sexe n’est plus un besoin ou un plaisir mais une source de revenu. Il n’est même plus jugé agréable mais est professionnalisé.

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Dans Magnolia, Rose couche avec le premier venu…

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… Frank en a fait son fond de commerce…

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… tandis que Donnie est prêt à tout pour l’homme qu’il aime mais qu’il ne le voit même pas…

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Dans Punch-Drunk Love, Barry s’intéresse au téléphone rose, sexe virtuel payant, en compensation de l’amour physique avec Lena ; une fois leur amour consommé, un acte « divin » vient remettre Barry sur l’ancien chemin en lui enlevant Lena ; ce n’est qu’en rompant les liens avec la société de téléphone rose qu’il retrouvera celle qu’il aime.

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Situations extraordinaires rendues ordinaires

La patte de Paul Thomas Anderson résidera pourtant toujours dans ce souci de réalisme absurde, autrement dit de rendre des scènes extraordinaires banales.

Dans Sydney, un pantalon prend feu tout seul, à cause d’une boîte d’allumettes frottant l’intérieur de la poche.

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Dans Boogie Nights, un braquage qui se termine mal devient la seule échappatoire possible au couple de Buck.

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Dans Magnolia, les cas du début annonce un film surréaliste…

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… ou un final biblique viendra nettoyer les âmes perdues de leurs pêchés…

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A noter qu’Anderson prétend ne pas s’être inspiré de la Bible, mais d’un fait authentique au cours duquel une tornade aurait fait s’envoler toute une mare de crapaud qui aurait été projetée 2 kilomètres plus loin…

Enfin dans Punch-Drunk Love, un accident de voiture…

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… un piano abandonné…

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… et un concours de pudding…

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… vont être les moteurs même de l’histoire.

Conclusion

On peut finalement dire que Sydney, malgré ses erreurs, constituait les bases d’un style unique, nouant à la fois tradition et modernité : Paul Thomas Anderson est un nostalgique du cinéma d’antan (Punch-Drunk Love est inspiré de l’œuvre de Jacques Tati) qui utilise des techniques novatrices (Punch-Drunk Love toujours, renouveau de la comédie romantique duquel on a retravaillé les couleurs et insérer des plans étranges)

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Boogie Nights et Magnolia, ses deux chefs-d’œuvre, ont réussi à imposer son style et son approche scénaristique, toujours très psychologique sans pour autant renier l’aspect populaire.

A croire aussi que Magnolia fut le film de la libération, Anderson en finissant avec ses tourments d’être humain ; preuve avec Punch-Drunk Love qui est un virage à 180° dans sa filmographie, rompant avec les films choraux et fleuves pour un récit simple, linéaire et teinté d’absurde. Un retournement de style étrange, déstabilisant mais qui au fil du temps semble essentiel, annonçant un renouveau de son cinéma, une réinvention de son approche du cinéma, de la vie…

Voilà qui clôture ma petite analyse personnelle de l’univers de Paul Thomas Anderson. Bien sûr, il existe encore beaucoup d’autres thèmes qui pourraient être soulevés, d’autres interprétations possible de la filmographie de P.T. Anderson ; pour cela, je vous laisse revoir ses films ou les découvrir le plus vite possible, car il s’agit sans conteste d’un futur grand…

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11 juillet 2005

Punch-Drunk Love

punch_love1Le dernier film en date et le plus étrange de Paul Thomas Anderson que ce Punch-Drunk Love.
De son propre aveu, PTA voulait faire un comédie romantique sans tenir compte des règles préétablies, renoncer à toutes les normes connuespour créer une histoire d'un ton radicalement différent ; voilà chose faite!!!
Punch-Drunk Love c'est aussi l'anti-thèse des films précédents de PTA, une sorte de remise en question de ses habitudes : plus de b.o. vraiment marquante et présente mais plutôt une qui distille l'ambiance, plus d'histoire de fleuve aux destins croisés de trois heures mais une histoire simple de 1h40, même plus de casting "classique" hormis Phillip Seymour Hoffman, fidèle des plus fidèles.
Adam Sandler casse tout aussi, en constituant non seulement la surprise après des acteurs dramatiques de la pointure de Tom Cruise ou Julianne Moore mais également en quittant son image de comique excentrique qui a fait sa réputation pour jouer ce perturbé sentimental ne trouvant comme oreille fidèle qu'n numéro de téléphone rose. C'est Emily Watson, toute splendide de simplicité et de timidité, rayonnante de beauté et de talent qui accomode tout cela en plus.
Mais bien sûr, bon sang ne saurait mentir, PTA conserve son style particulier : quelques plans travellings magistraux, des scènes hallucinantes passant pour anodines... Au niveau de la mise en scène il est vrai, on ne peut qu'être d'accord avec le Jury de Cannes qui lui a décerné le Prix de la Mise en scène pour ce film...
Une expérience peu commune donc, en marge de toutes les productions du genre et même actuelles, où PTA élève Adam Sandler au rang des surprises hallucinantes comme il l'avait fait pour Tom Cruise et Julianne Moore dans Magnolia, Burt Reynolds et Mark Whalberg dans Boogie Nights et Philip Baker Hall dans Hard Eight ; et si Scorsese avait trouvé un adversaire à sa taille au niveau de la direction d'acteur?
Note : ****

Posté par cinemaniaque à 13:19 - Anderson, Paul Thomas - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Magnolia

magnolia1L’une des plus grosse claque de ces dernières années dans le paysage cinématographique américain que ce Magnolia !

Resituons un peu le contexte : nous sommes en 1998, Paul Thomas Anderson a 28 ans. A son actif : Hard Eight, salué pour la psychologie de ses personnages et la direction d’acteur mais qui hélas n’a que pu trouvé son public, et Boogie Nights, œuvre cul-te qui l’a révélé au monde entier. Fidèle admirateur de Robert Altman et de Martin Scorsese, PTA se lance ainsi dans son œuvre la plus grave, la plus personnelle, la plus aboutie de son œuvre actuelle. Non sans ironie, PTA avouera qu’il voyait ce film comme intimiste, qu’il ne pensait pas qu’un scénario écrit en 90 jours par ses soins deviendrait un projet si colossal : huit personnages principaux et trois heures de film.

Pourtant les faits sont là, et par bonheur Magnolia est immense ! Les thèmes du film : la décommunication et l’importance de la figure paternelle.

Décommunication car tous les personnages ont rompu avec le monde normal, ils se sont enfermés dans leur petit univers perso et ne souhaite pas en être dérangé : du gourou sexuel à la junkie en passant par le flic idéaliste et l’ancien petit génie Donnie Smith, chacun n’est plus en phase avec le monde, avec son époque, avec la vie.

La figure paternelle, P.T. Anderson l’avait déjà partiellement abordé dans Boogie Nights, sans pour autant rentrer dans les détails ; ici, c’est chose faite. La lutte entre un père mourrant et son fils, un autre père mourrant et sa fille, un fils exploité intellectuellement par son père, un ex enfant star dont les parents ont ruiné sa vie…

A travers son film choral, P.T. Anderson aborde toutes les facettes de la vie : le pardon, la rédemption, la haine, la vengeance, l’amour, l’espoir, la révolte, les illusion et désillusions, les regrets, les rêves… Rares sont les cinéastes à avoir attaché autant d’importance aux sentiments et de les avoir exploités si bien et avec tant de classe.

Car de classe, le film n’en manque pas : empruntant à Scorsese sa virtuosité de la caméra et à Altman son génie d’écriture d’œuvre chorale, Paul Thomas Anderson signe là son œuvre la plus poussée ; en passant, il salue Stanley Kubrick en réutilisant la musique de 2001 : l’odyssée de l’espace pour introduire le nouveau surhomme nihiliste du nouveau millénaire (le gourou sexuel exploitant pleinement la vente par correspondance) ; une analyse plus poussée permet de dire qu’il perpétue même la thèse de la dépendance physique et la destruction psychiques qu’elle entraîne que Kubrick exploitait dans Eyes Wide Shut, dans lequel Tom Cruise incarnait à quelques différences près le même personnage torturé d’un point de vue sexuel…

Evidemment, cet attachement à Altman est ce qui lui a été le plus reproché ; comment peut-il essayer de rivaliser avec le maître Altman alors qu’il ne l’équivaut pas ? Je le reconnais, Magnolia est moins acide que Short Cuts, tous deux basé sur un même concept, mais je remarque également que PTA a opté pour un autre mode de narration : le psychologique. De plus, PTA s’en sort très bien, et il ne faut pas oublier que comparer qualitativement Magnolia et Short Cuts est un peu fort, comparer l’œuvre d’un artiste de 68 ans avec plusieurs chef-d’œuvres derrière lui et le film d’un cinéaste de 28 ans dont c’est seulement le troisième film…

De toute manière, dans sa réalisation Paul Thomas Anderson reste unique : la fluidité de sa caméra démontre un réel savoir-faire tandis que sa direction d’acteur est des plus brillantes : Tom Cruise n’a-t-il pas été acclamé unanimement après sa performance ? Et ce n’est pas le seul, John C. Reilly, Julianne Moore ou William H. Macy étant eux aussi dans les hautes sphères de l’interprétation. Tout comme le reste du casting d’ailleurs. De plus, PTA se pose non seulement en artiste génial, en philanthrope mais également en peintre, usant à merveille des couleurs dont il dispose (le vert de l'espoir, le rouge de la colère, le rose de l'amour, la grisaille de la mort...)

Véritable exercice de style scénaristique (le cas des coïncidences du début, et surtout le cas du suicidé buté en plein vol plané, restent d’anthologie), Magnolia reste à ce jour l’une des œuvres les plus complètes quant au comportement humain, aux côtés (à l’époque) d’American Beauty ; comme comparaison, il y a pire.

De son propre aveu, Paul Thomas Anderson craint de ne jamais faire mieux que Magnolia ; en tant que cinéphile et fan absolu, j’espère qu’il se trompe et qu’il nous réserve encore bien des surprises…

Note : *****

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Boogie Nights

boogie_nights1Deuxième film et véritable premier succès de Paul Thomas Anderson que ce Boogie Nights.

Sans faire de jeux de mots (oserais-je ? Allez j’ose ^^) il fallait en avoir (ça y est c’est fait ! lol) pour illustrer la vie artistique de Dirk Diggler, star du porno des années 70. Mais PTA n’est pas du genre à qui on impose mais qui s’impose, et voilà comment mettre en œuvre l’un de ses projets les plus chers.

Car oui, les plus cher, P.T. Anderson ayant déjà réalisé dans sa jeunesse un court-métrage sur Diggler ; si ce n’est qu’à l’époque, le film ne valait pas un clou et fut massacré par tout ceux qui le virent. Qu’à cela ne tienne, P.T. Anderson ne s’est pas laissé démonter et le voilà de retour avec son pote Dirk.

La véritable classe du film, c’est de faire un film sur le cul sans en montrer un seul ! Oui bon, il y a un peu de nudité, mais que diable, de nos jours il y en a dans tous les films. Puis c’est de porno qu’on parle là, et on voit rien ! De la décence qui contribue à la qualité du film.

D’un point de vue mise en scène, Paul Thomas Anderson annonce clairement la couleur : il est fan de Scorsese et il ne peut le cacher ! De toute façon, ça saute aux yeux : narration scorsesienne (gloire - chute aux enfers - rédemption), fluidité et nombreux mouvements de caméra, PTA pousse même l’hommage à son paroxysme à travers un final mémorable, référence directe au final de Raging Bull. Quant à la composition des plans et l’usage des couleurs, PTA en a déjà compris les secrets.

Il ajoute même à son film cette aura, cette ambiance fin seventies – début des eighties grâce notamment à une b.o. soignée et très présente.

Mai comme si ça ne suffisait pas, Paul Thomas Anderson bluffe tout le monde à travers son scénario : certes la narration est emprunte à Scorsese mais également à Altman dans la manière de mixer une multitude de personnages ; de plus, le véritable trait de génie du film est la lecture multiple qu’il offre : en situant son héros à la fin des années 70 et au début des années 80, Paul Thomas Anderson fait le parallèle entre les mœurs de la société, l’évolution du cinéma porno mais également du cinéma en général : la fin d’une époque, le début d’une autre ; la fin d’une génération, la relève de la suivante… De plus, le parallèle entre la carrière de Diggler et l’état du cinéma porno est aussi frappante, sa chute dans la drogue se faisant parallèlement au passage direct vers la vidéo pour le porno, le retour gagnant de l’un redonnant un nouveau souffle à l’autre…

Niveau casting, Paul Thomas Anderson s’entoure de ceux qui deviendront ses habitués et travailleront avec lui sur d’autres films : William H. Macy, Ricky Jay (le gros chef op’ barbu), Alfred Molina, Julianne Moore reviendront dans Magnolia ; John C. Reilly et Philip Baker Hall eux étaient déjà présent dans Hard Eight et reviendront aussi dans Magnolia ; seuls Luis Guzman et Philip Seymour Hoffman reviendront et dans Magnolia et dans Punch-Drunk Love, Philip Seymour Hoffman fidèle des fidèles car il est le seul à avoir également tourné dans Hard Eight et donc à avoir fait tous les films de PTA jusqu’ici. Cet attachement aux acteurs fait également partie de la patte P.T. Anderson. A noter qu’ayant travaillé avec des acteurs d’une certaine renommée outre-Atlantique comme Adam Sandler ou Mark Wahlberg et d’autres véritables icônes du star-system (Tom Cruise), Paul Thomas Anderson ne regrette d’avoir travaillé qu’avec un acteur : Burt Reynolds, lequel était très prétentieux sur le tournage et refusait les indications de Paul Thomas Anderson ; ironie du sort, il trouvait là son meilleur rôle pour lequel il recevra une nomination aux Oscars… A noter qu’au niveau de l’équipe technique, P.T. Anderson travaille aussi souvent avec les mêmes personnes, que ce soit en production, en direction photo ou en musique originale (Jon Brion, compositeur attitré sauf ici sur Boogie Nights).

Une véritable bombe donc, qui explosa dans le paysage cinématographique voilà 7 ans et qui révélait celui qu’on considère aujourd’hui comme le grand maître de demain….

Note : *****

Posté par cinemaniaque à 13:00 - Anderson, Paul Thomas - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 juillet 2005

Hard Eight

hardeight2Le tout premier film de Paul Thomas Anderson que ce Hard Eight.
En effet, avant le surprenant Punch-Drunk Love, avant l'immense Magnolia, avant l'incroyable Boogie Nights, PT Anderson faisait ses peières armes grâce au Festival de Sundance et l'aide de quelques acteurs qui deviendront vite fidèles... Ainsi est né Hard Eight ou aussi connu sous le nom de Sydney.
Fidèles? Oui, car rien qu'à voir l'affiche on voit que PTA est un gars aux habitudes : il travaille déjà avec John C. Reilly, Phillip Baker Hall et Phillip Seymour Hoffman dans une petite apparition clin d'oeil. Le reste du casting se compose de Gwyneth Paltrow et Samuel L. Jackson, pas mal pour une première oeuvre quand même!!!
Ce qui est et reste impressionant cependant, c'est que Paul Thomas Anderson semble avoir trouvé ses marques dès son premier film, à l'instar d'un Tarantino : il y est déjà auteur-réalisateur, s'amuse déjà avec la caméra la faisant virevolter à son humeur tout en faisant preuve d'une grande maîtrise et les influences Scorsese et Tarantino se font sentir : l'ambiance, la virtuosité de la caméra et certaines scènes font penser au Casino du premier et un certain humour, une scène d'intro dans un café plus Samuel L. Jackson font penser au deuxième (à noter : une scène intéressante où Sydney attend Jimmy dans le noir fait immanquablement penser à la scène où Jackie attend Ordell dans Jackie Brown ; Tarantino aurait-il copié PTA???)...
Et si, cette fois, le scénario ne brille pas par sa complexité ou ses destins multiples, la mise en scène elle brille déjà de milles éclats, imposant la patte de PTA avec ses travellings et la fascination de certains de ses plans.
Un bon film en soi donc, peut-être le moins bon de Paul Thomas Anderson jusqu'à présent mais déjà respectable ; quand on vous dit que c'est un futur Maître...
Note : ***

Posté par cinemaniaque à 01:02 - Anderson, Paul Thomas - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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