Le cinéma de Bastien

Le cinéma dans toute sa splendeur et sa décadence, à travers toutes les époques et tous les pays, le bon et le moins bon du plus bel art qu'il soit : le cinéma.

13 août 2009

The Unholy Three

Unholy_threeTod Browning est un cinéaste bien connu des fantasticophiles pour deux raisons, l’une étant le Dracula avec Bela Lugosi mais l’autre surtout étant son inimitable Freaks qui a influencé des cinéastes comme Lynch (excusez du peu !). Mais il serait dommage d’oublier que, du temps du muet, Browning a aussi réalisé bon nombre de films policiers intéressants avec son fidèle acteur Lon Chaney, dont The Unholy Three est un joli morceau.

La recette est simple : une intrigue policière invraisemblable teintée de mélodrame, le tout avec la thématique de la différence. Ici, c’est donc un nain, Hercule et un ventriloque qui s’associent pour dépouiller de riches acheteurs de perroquets qui ne parle plus une fois chez leur propriétaire ; parallèlement à cela, le ventriloque est fou amoureux d’une pickpocket qui, elle, aimerait bien convoler avec le trop honnête vendeur du magasin où les 4 bandits se cachent…

Aucun doute, Browning sait enchaîner les moments d’invraisemblances et les moments de climax pour créer un suspens intéressant. Rien de neuf dans la mise en scène mais une efficacité redoutable qui ne perd pas son temps en détails inutiles. Même la romance est assez parsemée de retournements de situation pour être agréable.

Mention aussi à Lon Chaney, l’homme aux mille visages, qui s’amuse à se déguiser en vieille femme ici et, comble de l’ironie, à jouer un ventriloque dans un film muet ! On notera aussi le rôle tenu par Harry Earles, le futur Hans de Freaks. A nouveau, la thématique de la différence est présente puisque les bandits de l’histoire ne sont que des phénomènes de foire qui décident de changer de métier. Un prélude conventionnel au message de Freaks qui veut que, même s’ils sont différents de prime abord, ces « phénomènes » sont avant tout des humains avec leurs bons et leurs mauvais côtés.

The unholy three a pris un coup de vieux, certes, mais il reste néanmoins un film agréable à suivre, et une jolie preuve du talent de Tod Browning trop mésestimé dans l’histoire du cinéma muet hollywoodien.

Note : ***

Posté par cinemaniaque à 00:22 - Browning, Tod - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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