31 août 2006
Terminator 2 - le Jugement dernier (T2 - Judgement Day)
Sept ans après être devenu une légende avec Terminator, et confirmé son statut avec Aliens et Abyss, James Cameron allait à nouveau marquer un grand coup dans l’histoire du cinéma, en réalisant une révolution dans le monde de la science-fiction : Terminator 2 – le Jugement Dernier.
Si le film a autant marqué l’Histoire du cinéma, c’est notamment grâce à son savant mélange de genre (film de science-fiction, action, avec une pointe de tragédie shakespearienne et de cinéma engagé) mais surtout grâce à ses effets spéciaux novateurs. Il faut savoir que Cameron a fait appel à trois sociétés différentes pour Terminator 2 : Fantasy II pour les séquences de guerre, 4-Ward pour l'explosion nucléaire et le métal fondu et, enfin, ILM pour l'animation du T-1000 et les graphismes par ordinateur. Le tout a coûté 53 millions de dollars, soit plus de la moitié du budget global (100 millions, le premier film de l’histoire du cinéma à posséder un tel capital), furent consacrés aux effets spéciaux du film. Ce fut payant puisqu’en plus d’être un succès critique, le public a suivi en masse (200 millions de dollars aux USA, 310 millions à travers le monde).
Terminator 2 constitue aussi une suite logique à Terminator, sans pour autant oublier de renouveler l’univers : Cameron offre ainsi une nouvelle facette à Sarah Connor, et le Terminator lui-même devient le gentil protecteur de John Connor. Le cinéaste n’en oublie pas son style (dantesque, il convient de le dire) à travers des scènes époustouflantes, comme celles des courses-poursuites ou encore le combat entre le Terminator et le T-1000.
Cameron est également un excellent directeur d’acteur. Outre Linda Hamilton, le trio masculin est étonnant : Edward Furlong, dont c’est le premier film, ne semble pas subir la pression d’une telle production ; Schwarzi n’est jamais aussi bon que quand il joue un robot (à noter qu’il prononce en tout et pour tout 700 mots dans ce film, alors que dans Terminator il ne disait que 17 phrases…) et Robert Patrick est d’un froid absolu, ce qui rend son personnage encore plus crédible.
Outre la qualité des effets spéciaux et du casting, le scénario n’est pas en reste, à la fois logique (en tant que suite), captivant et équilibré (alternance action – repos). Il n’est pas seulement prétexte à une enfilade de scènes d’anthologie, c’est aussi une histoire de famille qui tente de se recomposer, et surtout une attaque non dissimulée envers les avancées technologiques dangereuses. Un paradoxe pour un film réalisé, lui aussi, à la pointe de la technologie…
Cameron a donc signé, une fois encore, un chef-d’œuvre qui « révolutionnait » le genre, une œuvre populaire et d’auteur. La marque des très grands.
Note : *****
10 septembre 2005
Aliens
Voilà le retour de la vilaine bébête de l’espace dans Aliens et ça risque de faire mal !
Ce qu’on a surtout peur au début, c’est de savoir que c’est une suite du chef-d’œuvre éternel de Ridley Scott qu’on nous propose. Il faut dire que Alien premier du nom était un véritable bijou cinématographique, un renouvellement des codes du film d’horreur réalisé à la perfection. Surtout qu’on a droit à James Cameron, qui a quand même bluffé son monde avec Terminator deux ans auparavant mais bon. Heureusement, le doute est très vite dissipé !
Tout d’abord, on ne peut que tomber amoureux des effets spéciaux : comme toujours chez Cameron, ils sont d’une finesse et d’une perfection rare, toujours surprenant même 20 ans après ; pas de doutes, ce gars sait choisir ses collaborateurs.
Deuxièmement, Cameron tout en imposant sa patte ne s’éloigne absolument pas du chef-d’œuvre original : la trame de base est continue par rapport à l’épisode précédent et le design de l’Alien est respecté au millimètre, quant à la Mère-Alien elle fut construite par Cameron lui-même tout en respectant des traits de la créature originelle.
Le plus agréable, c’est que Cameron impose sa patte comme je disais : Aliens est en effet plus sombre, plus violent, plus drôle, plus psychologique qu’Alien.
Admirateur de Dante et de Freud, Cameron crée en effet un personnage de Ripley plus subtil que dans le premier, plus humain : elle a des sentiments et n’hésite pas à les exprimer, notamment à travers ses peurs, ses cauchemars, ses doutes, son instinct maternel. De ce point de vue, Sigourney Weaver trouve un personnage mieux dessiné qu’avant et n’y trouve que profit dans son jeu.
Cameron dresse aussi au passage le portrait au vitriol d’un gouvernement cupide, sans foi ni loi qu’on pourrait encore trouver de nos jours…
Point de vue angoisse, il est vrai que la claustrophobie d’Alien ayant disparue, on pourrait s’attendre à quelque chose de plus mou ; eh bien non ! Le film garde son atmosphère tendue non seulement par des passages furtifs de non pas LA créature mais bien LES créatures ; même en se débarrassant d’une centaine d’entre elles, elles reviendront, et si les personnages ne sont plus enfermés dans un vaisseau, ils sont cependant bloqué sur une planète déserte, ce qui n’est pas mieux.
Regorgeant de scènes d’action brutes, violences et sombres, Aliens acquiert plus encore de réalisme (dans le domaine de la science-fiction bien sûr) que son prédécesseur.
On regrettera juste une suite de retournements finaux dont on finit par se douter, ce qui n’enlève pourtant rien à l’extrême qualité du film. On pourra cependant remarquer, du moins est-ce mon avis, des hommages ci et là de Cameron à ses cinéastes préférés, notamment Stanley Kubrick (l’enfant de la base sur son tricycle fait penser à Shining et la sublimation des vaisseaux flottants dans l’espace à un air de poésie digne de 2001 : l’odyssée de l’espace…)
Une vraie perle comme on en fait plus donc, qui a réussi à se détacher de son modèle tout en conservant le nécessaire de références ; Aliens serait-il le meilleur de la série ? Allez, c’est dit.
Note : *****
10 août 2005
Terminator
En 1985, un jeune cinéaste dont on ne connaissait presque rien arrive au Festival d'Avoriaz avec son film sous le bras. Son nom : James Cameron. Son film : Terminator. Résultat : un grand prix et un statut depuis culte!
Comme beaucoup de films SF, Terminator serait né d'un rêve du cinéaste, celui d'un cyborg s'élevant parmi une mare de flammes. Seulement voilà, à l'époque, Cameron n'a réalisé que Piranhas 2 ; on est encore loin des méchants Aliens, des profondeurs de l'Abyss,du remake True Lies et des bateaux nommés Titanic. Donc, on ne lui offre pas beaucoup de moyens au Cameron. Que cela ne tienne, le film se passera dans le présent plutot que le passé.
Ensuite il faut les acteurs. Au tout début, on propose le rôle du gentil à Schwarzeneger, révélé par Conan le barbare, et celui du Terminator à Lance Herriksen. Mais Schwarzie veut le rôle du méchant, et il finit par l'obtenir. Il est difficile maintenant d'imaginer un autre acteur interprété avec tant de brio (le personnage devant être inexpressif, imposant et ne réciter que 17 phrases sur tout le film...).
Il ne reste alors plus qu'à mettre en scène. Dépourvu de gros budget, le film doit donc prfois joué sur le système D, privilégiant les effets spéciaux et les maquillages.
Ces derniers deviendront rapidement des modèles du genre. Et encore maintenant, ils semblent avoir tous bien vieilli, sauf peut-être le char du futur et le cyborg en lui-même losqu'il se déplace (on sent que c'est de la vieille animation...). Mais pour le reste, cela reste très crédible.
Mélangeant habilement SF et action, suspens et émotion, Terminator révéla Cameron et Schwarzie au monde entier et devint en plusd'un véritable succès critique et public une oeuvre majeure du genre et un incontournable du cinéma. Un statut culte qu'il n'a pas volé...
Note : ****
