22 juin 2009
Un frisson dans la nuit (Play misty for me)
Eh ben mes ptits pères, pour un premier film, il a de la gueule !
Imaginez le contexte de l’époque : d’un côté on a un genre (le cinéma d’angoisse, si on peut dire) qui s’affaiblit, le grand Hitchcock étant en bout de course et Brian de Palma n’étant lui pas encore arrivé ; de l’autre, un grand gaillard à l’air sympathique qui s’est fait remarqué chez Leone et Siegel peu de temps auparavant. Et le voilà que d’un coup d’un seul, il passe derrière la caméra !
Eh bien moi je lui dis oui ! Même si la maîtrise n’est pas encore totale (quelques scènes romantiques ou mélodramatiques plombant un peu le film), force est de constater que Clint Eastwood dès le départ connaît beaucoup de choses : il a le sens du timing, le goût des ambiances travaillées, la science du cadrage surprenant (ah ces belles attaques frontales de Jessica Walter) et sait octroyer les bons rôles aux bonnes personnes (lui le héros à la cool attitude, Jessica Walter grandiose en barje de service et Donna Mills idéale en potiche aguichante).
Le scénario est assez simple mais bien pensé, et le film sait en tirer profit au maximum, notamment via quelques scènes gores qui ont du plaire en leur temps. Aujourd’hui peut-être paraîtront-elles vieillottes face à des films âpres comme Hostel ou Saw, mais moi je vais vous avouez que je les ai trouvées bien sanglantes pour un film qui approche les 40 ans !
Comme on dit chez nous : coup d’essai, coup de maître !
Note : ****
31 mars 2009
Gran Torino
Damned it !Je déteste les jeunes d’aujourd’hui. Qu’est-ce qui ne va pas avec eux ?
Prenez le dernier Eastwood. Ces crétins pensaient voir un film d’action « bien bourrin » comme ils disent. Au lieu de ça, en sortant de la salle, je l’ai entendu se plaindre de l’inaction du film. What the hell… !
Moi j’ai beaucoup ri. De par le personnage d’Eastwood déjà, caricature à l’extrême du vieux con réac et tendance raciste (c’est toujours drôle que dans les films américains, ceux d’origine polonaise sont racistes, comme le personnage de Mickey Rourke dans L’année du Dragon). Un vieux brisquard qui regrette une Amérique éteinte, celle de l'époque de la Gran Torino, qui fait aujourd'hui figure d'antiquité et d'échec d'ouverture au monde. Cet enfoiré d’Eastwood donc ne manque pas l’occasion de dire une réplique choc, plus drôle que vraiment méchante, ou de grogner entre ses dents. Faut dire qu’il le tient bien, ce personnage de vieux débris. Y en a pas beaucoup des gus dans son genre qui accepte si bien de vieillir. Normal, c’est aussi son thème de prédilection, le temps qui passe…
Ce qui m’a un peu gonflé, ce sont certains clichés, comme le vieux raciste qui sympathise avec les étrangers et les aime plus que sa famille, bla bla bla. Fuck it. Au moins c’est pas trop dérangeant, puisque le message est positif. Baahh !
Mais là où Eastwood m’a coupé les burnes, c’est dans sa fin de film. Il est gonflé l’ancêtre de faire preuve d’autant de maturité, de regard rétrospectif sur son œuvre tant comme acteur que réalisateur. C’est difficile d’en parler, car ce serait dévoiler la fin, mais b**** ce que c’est bien foutu. Déjà tout au long du film, Eastwood dénonce la violence, essaie de l'éviter un maximum. Il l'imite même, quand il pointe son doigt vers les gangs : il y a un effet de catharsis, comme disent les toubibs, de mimer la violence. On s’approche un peu du message final de Mystic River, autre sacré bon film de ce mec.
Alors moi je le dis : les gamins qui ont été déçus du film, ils connaissent rien à la vie. Ou à Eastwood. C’est la même chose pour moi. Grrmmmbbllllllll…
Note : ****
