Le cinéma de Bastien

Le cinéma dans toute sa splendeur et sa décadence, à travers toutes les époques et tous les pays, le bon et le moins bon du plus bel art qu'il soit : le cinéma.

17 août 2009

Evil Dead

Evil_DeadRah, Evil Dead ! Que de terreur ! Que de nuits de pétoche ! Quel bonheur !

Bon, globalement, c’est l’archétype du film d’horreur en plein : la bande d’ados un peu cons qui vont dans une baraque pourrie paumée au milieu de nulle part et qui, la nuit venue, vont avoir des pépins… Pas de quoi réveiller un mort, ou presque.

En revanche, le génie dérangé de Raimi fait la différence. D’abord, il y a une violence peu commune : entre les corps démembrés, les bagarres, les pourrissements des esprits et le gore en veux-tu en voilà, nous n’avons que l’embarras du choix. Il y a aussi cette imagination débordante du cinéaste débutant et indépendant (la scène du viol de la fille par les arbres, dérangeante et forcément culte), magnifiée par un souci évident, derrière la façade de film fauché (presque film d’étudiant j’ai envie de dire) d’une mise en scène sophistiquée (le travail de la lumière et surtout celui du son sont remarquables).

Car s’il n’avait pas un sou en poche, Raimi avait visiblement bien compris l’essence du cinéma d’angoisse, sachant que tout résidait dans l’ambiance. Et pour de l’ambiance glauque, elle est bien glauque pendant 1h30 ! La caméra subjective alliée au son manipulé et indescriptible (et la musique) donnent parfaitement le ton.

Dommage, car il y a bien une ombre au tableau, que les comédiens soient globalement en-dessous du niveau de tolérance (sauf ce trublion de Bruce Campbell, of course) sans quoi Evil Dead, aussi drôle qu’effrayant et, dans sa dernière partie, ragoûtant, aurait été un chef-d’œuvre. En dépit, il reste une œuvre résolument culte, ce qui n’est déjà pas si mal !

Note : ****

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30 décembre 2008

Spiderman

spidermanLes comics ont la cote depuis déjà plusieurs années. Depuis qu’un certain Tim Burton a prouvé qu’on pouvait faire du cinéma personnel et engranger plusieurs centaines de millions de dollars en fait. Hélas, ces adaptations ont été souvent hasardeuses, inégales, trahissant le comics d’origine ou inversement le respectant de trop. Bref, personne n’avait vraiment pu égaler le Batman de Burton… jusqu’à ce que Sam Raimi propose Spider-Man.

Les deux cinéastes se ressemblent d’ailleurs : le même goût pour le morbide avec une savante dose d’humour, un amour du cinéma de genre, une place désormais définie à Hollywood sans trop renier leur propre univers… La différence réside sans doute dans le fait que Raimi est beaucoup plus adulte que Burton, un bien (Evil Dead, Darkman) comme un mal (Intuitions, Mort ou vif). Quoiqu’il en soit, à l’instar de Peter Jackson, Raimi a pu se retrouver à la tête d’une grosse production, lui qui avait réalisé les effets spéciaux de son premier film à l’ancienne (animation image par image, fils invisibles etc.). Mais il a du batailler le Sam pour avoir le poste de réalisateur tellement convoité de Spider-Man (en vrac : Jan de Bont, David Fincher, Ang Lee, Chris Colombus ou encore le plus terrible de tous James Cameron qui planchait sur ce projet depuis des années). Dix ans qu’on se battait à la Columbia pour obtenir tous les droits de l’adaptation, fallait pas merder. Ils ont eu raison finalement, Raimi étant un inconditionnel de la BD d’origine, et un perfectionniste dans l’âme : tandis que Jude Law, Freddie Prinze Jr ou Leonardo di Caprio sont des noms évoqués, il opte pour le mal connu Tobey Maguire qui colle plus au personnage de Peter Parker ; il ne lésine pas sur les moyens pour recréer l’univers de Spider-Man, notamment au niveau du costume (100 000 dollars/pièce, 6 mois de travail pour 120 pièces différentes) ou des figurants (pour la scène de Times Square : 12 000 personnes !) et organise lui-même le casting de l’araignée qui va mordre Parker. On sait où sont passés les 120 millions de budget du film !

Mais ce n’est pas ce qui inquiète le plus Raimi : l’important, c’est de répondre aux attentes des fans : « J'étais conscient de pénétrer un territoire sacré : Spider-man a derrière lui trois générations d'admirateurs... En tant que fan, j'avais une terrifiante responsabilité. Je me suis concentré sur ce qui fait l'authenticité, l'esprit, l'âme du personnage, pour raconter la meilleure histoire possible. » Visiblement, ça marche : le film marche tellement (43,7 millions de dollars en un jour, 114 en trois : des records !) qu’on prévoit déjà une trilogie et, du coup, Raimi devient comme Burton avant lui et Jackson dans le même temps un des cinéastes underground les plus bankables de tous les temps !

Il faut dire que Raimi a très bien compris ce qui manquait à la plupart des adaptations : une analyse approfondie du côté sombre du héros. Ce qui le pousse à devenir le protecteur de la ville, pourquoi il est condamné à rester seul, pourquoi chaque action lui coûtera plus qu’elle ne lui rapportera… Autant d’éléments intéressants qui nourrissent un scénario quoiqu’il arrive prétexte à une action bourrée d’effets spéciaux. Peter Parker est moins fascinant que Bruce Wayne dans le sens où ce n’est pas la vengeance mais la culpabilité qui le pousse à être un superhéros, mais qu’importe : l’idée est belle et bien là et Raimi en tire profit. Le cinéaste profite aussi de l’occasion pour s’amuser avec les effets spéciaux pétés de thunes. Il a pas tort, car dans l’ensemble, ils cartonnent (si on met de côté certains plans où Spider-Man virevolte dans les airs ou le long des murs) et sont fidèles à l’esprit comics (le passage de l’Homme-araignée entre les voitures à ras du sol). Hélas, on sombre parfois dans la surenchère mais dans l’ensemble les FX servent le film autant que faire se peut.

Côté acteurs, le casting a vu très juste puisque Tobey Maguire devient vite indissociable du personnage de Peter Parker (la moindre des choses, vu la préparation physique et morale intensives qu’il a du suivre) tandis que Willem Dafoe joue à merveille les psychopathes dérangés du bulbe. Kirsten Dunst paraît encore un peu trop lisse dans la peau de MJ mais elle est sur la bonne voie. Le coup de cœur revient néanmoins à J.K. Simmons, qui joue le rôle de Jameson le patron du journal, qui parvient en à peine cinq minutes à nous faire hurler de rire à la manière d’un De Niro dans Brazil. Côté clin d’œil, on notera les références aux futurs méchants de l’univers de l’Araignée disséminées ça et là.

Côté scénario, difficile d’éviter les longueurs puisqu’il faut mettre tous les éléments en place. C’est ainsi que le démarrage se fait en douceur, un peu trop peut-être, avant d’enchaîner sur un rythme allant crescendo jusqu’à l’affrontement final entre Spider-Man et le Bouffon Vert. On ne tiendra pas trop rigueur de ces aléas de la narration, même si un bon quart d’heure aurait pu être économisé en évitant certains éléments inutiles.

Spider-Man s’affiche donc comme une adaptation fidèle et réussie, où la patte de Raimi est discrète mais bien présente et dont les acteurs, qui semblent avoir compris l’essence de leurs personnages, n’en sont qu’au début de l’exploration d’un univers bougrement fascinant car ambigu. Aussi bon que le premier Batman, excusez du peu.

Note : ***

Posté par cinemaniaque à 23:41 - Raimi, Sam - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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