Le cinéma de Bastien

Le cinéma dans toute sa splendeur et sa décadence, à travers toutes les époques et tous les pays, le bon et le moins bon du plus bel art qu'il soit : le cinéma.

20 octobre 2006

Misery

miseryQuand l’un des maîtres du suspens littéraire se voit adapté par un cinéaste ambivalent qui engage deux acteurs excellents, qu’est-ce que cela donne ? Quelque chose dans la veine de Misery, pure merveille cinématographique des années 90 !

Se plaçant comme l’une des meilleurs adaptations de Stephen King, Misery est réalisé par Rob Reiner, cinéaste en chute libre actuellement mais qui fut pendant près de dix ans un brillant metteur en scène (Spinal Tap, Princess Bride, Stand by me, Quand Harry rencontre Sally et Des hommes d’honneur, rien que ça !). Pour ce film, Reiner se réfère à deux génies : Stanley Kubrick et Alfred Hitchcock. Il y a autant de Shining que de Psychose dans Misery. A Kubrick, Reiner emprunte le décor enneigé, la maison coupée de toute communication, l’ambiance angoissante et même la frustration de l’écrivain (dans une scène hommage où Sheldon, à l’instar d’un Jack Torrance écrit le mot « fuck » 10 fois de suite sur la même page) ; quant à Hitchcock, c’est l’isolement de la maison, la schizophrénie du personnage, l’ambiance également qui influencent la mise en scène du réalisateur. Soignée et efficace, la mise en scène est une véritable leçon de cinéma.

Presque autant que le scénario, qui ne relâche jamais la pression et qui n’est pas avare de rebondissements. La création par obligation, thème important du film, vient faire écho à la plupart des carrières hollywoodiennes : La soif du mal n’était-il pas une obligation contractuelle de Welles, tandis que Kubrick se devait d’adapter un succès populaire pour récupérer l’échec de Barry Lyndon, d’où Shining ? De plus, l’aura de King semble s’effacer petit à petit pour que le film se suffise à lui seul, libéré de toute influence littéraire pour devenir une adaptation purement cinématographique, sans pour autant renier l’œuvre originale. Une subtilité qui fait parfois défauts dans les adaptations sur grand écran.

Mais que serait aussi Misery sans son duo d’acteurs formidables, alias James Caan et Kathy Bates ? L’un écrivain cynique et pris au piège, l’autre infirmière schizo plongée dans son monde, Reiner semble avoir un don pour ce qui est de formé des couples, puisque celui-ci fonctionne à merveille. Et si Kathy Bates reçut non seulement l'Oscar mais aussi le Golden Globe de la meilleure actrice en 1991, Caan n’a rien à envier niveau qualité d’interprétation.

Thriller haletant, angoissant, parfois éprouvant mais toujours fascinant, Misery est une référence en la matière, une de ces perles comme on aime en voir, œuvre personnelle et populaire, qui capte l’attention du spectateur du début jusqu'au générique de fin. Une réussite totale d’un cinéaste qu’il ne faudrait pas trop sous-estimer…

Note : ****

Posté par cinemaniaque à 15:55 - Reiner, Rob - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


29 juillet 2006

Spinal Tap (This is Spinal Tap)

spinal_topDans l’univers des documentaires, les groupes musicaux ont une place à part. The last waltz de Martin Scorsese, Woodstock (dont le même Martin Scorsese assura le montage)… Il y a pourtant dans cet univers musical un film à part, qui a inversé les tendances : Spinal Tap.

Pourquoi inverser les tendances ? Tout simplement parce que le groupe s’est formé APRES le film, et non pas avant. En effet, Spinal Tap n’est pas un « rockumentaire » mais bien un « documenteur ». Le groupe, fictif, a été formé pour le besoin du film, et a poussé le vice jusqu’à signer la b.o. Vu le succès du film, l’équipe fut obligée de reformer le faux groupe pour enregistrer un vrai album… Heureusement que tous les comédiens étaient de véritables musiciens !

Enfin, menteur, façon de parler, puisque nombre d’éléments du film sont inspirés de faits réels : le musicien étouffé dans son vomi, c’est arrivé au chanteur d’AC/DC ; le batteur qui explose en plein solo, c’est arrivé aux Scorpions ; le guitariste blond qui succombe à l’influence de sa copine… c’est arrivé aux Status Quo ; la scène introuvable dans le labyrinthe des couloirs… c’est arrivé aux Led Zeppelin ! Etc.

Il est quand même étonnant de voir ces comédiens amateurs s’en sortir aussi bien. Pour des gens qui n’ont pas spécialement d’expérience cinématographique, il s’e sortent très bien, mais peut-être est-ce dû au fait qu’ils ont écrit le scénario avec le réalisateur Rob Reiner.

En effet, il s’agit ici du premier film de Rob Reiner, futur réalisateur de Quand Harry rencontre Sally, qui prouve qu’il possède plus qu’un don pour la comédie. Arrosé de vitriol, son scénario n’en contient pas moins une certaine tendresse envers le rock, envers ce groupe sur le déclin ou, plutôt, décliné depuis longtemps au passé… Si son style faux documentaire ne fait pas long feu (avec des gens comme Patrick MacNee (ex-star de Chapeau melon et bottes de cuir) comme producteur musical, difficile d’y croire), l’ensemble reste cohérent, parodie clairement affichée mais sans être méchante.

D’un point de vue musical, le film n’est pas triste, les différents morceaux s’inspirant précisément des groupes que le film parodie : Led Zep’, AC/DC, Scorpions… Ce ne sont que des copies mais bigrement réussies, séparant chaque scène comme s’il s’agissaient de sketches.

Une œuvre fraîche et amusante, où l’on ri de bon cœur tout en s’en mettant plein les oreilles. Ca se veut de l’esprit Monty Python, s’en est pas très loin. Rob Reiner, roi de la comédie ? Absolument.

Note : ****

Posté par cinemaniaque à 00:03 - Reiner, Rob - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 février 2006

Quand Harry rencontre Sally (When Harry meet Sally)

quand_sallyLa plus brillante des comédies romantiques que ce Quand Harry rencontre Sally.

Le thème de base : une amitié peut-elle exister entre un homme et une femme ?

Oui, si chacune des personnes a respectivement quelqu’un dans sa vie. C’est la seule règle possible. Pourtant, Harry, divorcé, parvient à être proche de Sally, larguée, sans pour autant que cela se finisse au lit. Mais pour combien de temps ?

Comme dans toute comédie romantique qui se respecte, l’histoire se base principalement sur un couple qui doit fonctionner à merveille. Heureusement, Meg Ryan et Billy Crystal, c’est le tandem choc, le duo imparable, le vrai petit couple. C’est bien simple, on savoure autant leur dispute d’introduction autant que leurs émois amoureux.

Pourtant, pas facile comme sujet, le rapport amitié-amour qu’il peut exister entre un homme et une femme. Et c’est là le tour de force de Rob Reiner, d’avoir pu exploiter pleinement – et intelligemment – ce thème sans tomber dans la facilité, le classicisme ou le grivois.

En effet, les diverses situations dans lesquelles se retrouvent les deux héros nous sont toutes arrivées au moins une fois. Et sans pour autant tomber dans le stéréotype, Reiner impose un touche délicate, subtile dans une histoire d’amour dont on connaît l’issue mais qu’importe, c’est le cheminement qui compte.

Sans compter qu’avec des acteurs pareils, difficiles de rester de marbre : d’abord Meg Ryan, taillée pour ce genre de film, à la fois drôle et sublime et mémorable dans une séquence culte d’orgasme en plein restaurant.

Ensuite Billy Crystal, humoriste confirmé, qui joue pourtant de la corde des sentiments à merveille et parvient à faire oublier son image de déjanté le temps de cette love story loin d’être à l’eau de rose.

S’en suit quelques dialogues savoureux, dans un New-York très carte postale mais qui, au fond, était nécessaire pour magnifier encore plus cette romance que nous avons, indirectement et différemment, tous vécu une fois. Quant à la mise en scène de Rob Reiner, on appréciera sa retenue et sa fraîcheur, de très loin la meilleure du genre.

Une belle histoire d’amour comme on les aime, sans que cela ne dégénère dans les Kleenex ou dans l’humour gras à la teenage-movie ; rafraîchissant, divertissant, réussi.

Note : ****

Posté par cinemaniaque à 17:59 - Reiner, Rob - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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