Le cinéma de Bastien

Le cinéma dans toute sa splendeur et sa décadence, à travers toutes les époques et tous les pays, le bon et le moins bon du plus bel art qu'il soit : le cinéma.

29 juillet 2005

Jour de fête

Article particulier que celui-ci : non seulement c'est le centième de ce blog, non 30933730seulement ce même blog fête ses trois semaines d'existence mais en plus je fête moi-même mes 19 ans aujourd'hui!!!! ^^ alors aujourd'hui on peut dire que c'est un Jour de fête!!!

(oh là là quelle transition!!! lol)

jour_fetePremier long-métrage de Jacques Tati que ce Jour de fête.

Des forains s'installent dans un calme village. Parmi les attractions se trouve un cinéma ambulant où le facteur découvre un film documentaire sur ses collègues américains. Il décide alors de se lancer dans une tournée à "l'américaine".

Digne héritier des films burlesques et muets, surtout les Chaplin dont Tati s’inspire directement et ouvertement, Jour de fête apparaît à l’époque comme un film revigorant, un souffle comique qui ne peut faire que du bien dans le paysage cinématographique, tailladé entre films noirs américains, pas toujours réjouissants, et néo-réalisme italien décrivant les graves événements de la Guerre dont on se remets à peine.

Dans le rôle du réalisateur-scénariste-acteur, Jacques Tati bluffe par son étonnante cohésion entre modernité et tradition : inspiré Chaplin et Keaton, Tati innove pourtant dans la technique en tournant son film en couleur, laquelle joue un rôle prédominant : les couleurs sont ternes et moroses à l’arrivée des forains, tant que ceux-ci sont présents le village devient coloré et joyeux et à leur départ, les couleurs sinistres reviennent à la charge.

Au sens profond, le film de Tati s’inscrit non seulement comme une très légère critique de la France profonde, ce qui à la rigueur tient plus de l’anecdote, mais s’attaque directement à une forme de capitalisme, à travers cette vision américaine (berceau actuel du mouvement économique quand même) du maximum de rendement en un minimum de temps ; qu’importe si le village est petit, François le facteur doit aller vite, vite, vite.

Dans ce rôle, Tati est irrésistible, à la fois fantasque et rempli d’émotions. Les autres acteurs aussi sont agréables à défaut d’être mémorables, sans doute dû au fait que Tati attachait infiniment plus d’importance au son qu’aux dialogues, lesquels se voient noyés par les musiques d’ailleurs…

Un film léger et rafraîchissant donc, moment d’humour très agréable qui démontre avec conviction le talent que possédait Tati pour le burlesque et le comique silencieux ; en un mot, génial.

Note : ***

Posté par cinemaniaque à 20:20 - Tati, Jacques - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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